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Quelque 350 salariés de Sanofi manifestent à Toulouse et craignent des coupes

19/07/2012 12:38 EDT | Actualisé 18/09/2012 05:12 EDT

PARIS - Près de 350 salariés des laboratoires Sanofi ont manifesté jeudi à la mi-journée à Toulouse, en France, pour protester contre le projet de réorganisation annoncé par le groupe pharmaceutique le 5 juillet.

Au total, 640 salariés travaillent sur le site toulousain de Sanofi, à 500 mètres de l'Oncopole, futur centre de lutte contre le cancer qui doit ouvrir à la fin 2013.

En tête de cortège, de nombreux élus, dont le maire de Toulouse Pierre Cohen, ont participé à la manifestation qui s'est achevée devant les locaux de l'Oncopole, actuellement en construction.

Une centaine de salariés des laboratoires Pierre Fabre, entreprise voisine de Sanofi, a également rejoint les rangs des manifestants par solidarité.

D'après le syndicat de CFDT, 1200 à 2500 postes pourraient être menacés mais la direction du groupe assure ne pas avoir abordé la question des effectifs, repoussant l'annonce en septembre.

Selon les syndicats, les 640 postes du site toulousain, principalement axé vers la recherche, seraient supprimés.

«Ce groupe a bénéficié de 100 millions d'euros au titre des crédits impôts recherche attribués par l'État, c'est inadmissible qu'il envisage maintenant de fermer le site de Toulouse pour des raisons financières», a souligné Dominique Junyent, secrétaire du CE de Toulouse et délégué syndical CFDT. «C'est ici que le Plavix, un anticoagulant à succès, a été trouvé, c'est pourquoi les salariés ne comprennent pas la décision de fermeture, au vu des performances de recherche du site», a-t-il insisté, ajoutant que les salariés manifesteraient tous les jeudis durant l'été pour dénoncer ce projet de réorganisation.

Laurent Besson-Imbert, délégué syndical Sud Chimie Toulouse, a quant à lui dénoncé «le risque du désengagement de Sanofi sur l'Oncopole, qui sera un site de recherche d'excellence». «Les salariés veulent rester au service du patient, une notion que la direction oublie totalement au profit des bénéfices.»

Pour Pierre Cohen, le maire de Toulouse, «le groupe Sanofi a une stratégie financière mais aucune stratégie d'entreprise, en laissant planer la fermeture de l'entreprise sur un site qui a pourtant un fort potentiel.»

«L'annonce de Sanofi pourrait menacer l'Oncopole qui se base sur des partenariats de recherche alliant le privé et le public», a précisé Benjamin Gandouet, directeur de l'association Oncopole de Toulouse. «Je suis ici pour manifester mon incompréhension face à un projet qui vise à externaliser la recherche hors du groupe», a-t-il expliqué, ajoutant que Sanofi a investi près de 300 millions d'euros ces huit dernières années sur l'Oncopole.

Le groupe Sanofi, qui emploie environ 28 000 personnes en France, a confirmé que les secteurs concernés par les réductions d'effectifs seraient la recherche, les activités industrielles de la filiale vaccins et les fonctions supports.

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