NOUVELLES

Omar Souleimane, un ancien membre du "premier cercle" de Moubarak

19/07/2012 07:00 EDT | Actualisé 18/09/2012 05:12 EDT

Chef des services secrets et chargé des dossiers sensibles sous Hosni Moubarak, Omar Souleimane, qui est décédé jeudi à l'âge de 77 ans aux Etats-Unis, était intimement lié à l'ancien pouvoir.

Cet homme de l'ombre a été confronté le 11 février 2011, sous les regards du monde entier, à ce qui a peut-être été sa mission la plus difficile: annoncer le départ de son mentor, chassé du pouvoir sous la pression d'une révolte populaire.

"Compte tenu des conditions difficiles que traverse le pays, le président Mohammed Hosni Moubarak a décidé d'abandonner le poste de président de la République et de charger le Conseil suprême des forces armées (CSFA) de gérer les affaires du pays", déclare-t-il, le visage fermé, dans une brève allocution télévisée.

Cet homme à la calvitie prononcée et portant une fine moustache perd du même coup le poste de vice-président que M. Moubarak lui avait confié quelques jours plus tôt dans l'espoir de calmer la foule et de trouver une issue politique à la crise.

Ennemi farouche des Frères musulmans, il s'était résolu à ouvrir un dialogue sans précédent avec la puissante confrérie islamiste -qui domine aujourd'hui le Parlement et la présidence- dans les derniers jours au pouvoir du raïs.

Omar Souleimane faisait partie du "premier cercle", très étroit, de M. Moubarak, où figurait aussi le maréchal Hussein Tantaoui, ministre de la Défense et aujourd'hui chef du puissant CSFA.

Contrairement à d'autres hiérarques de l'ère Moubarak, il n'est pas traduit en justice, et témoignera même à l'automne dernier -à huis-clos- au procès de son ancien patron.

Il avait annoncé en avril dernier sa candidature à l'élection présidentielle de mai, avant d'être écarté de la course pour n'avoir pas obtenu le soutien nécessaire de 15 provinces.

Souleimane avait par la suite quitté l'Egypte.

Selon l'agence Mena, qui a annoncé son décès jeudi, il souffrait depuis plusieurs mois d'une maladie des poumons, à la suite de laquelle il avait développé des problèmes cardiaques. Son état s'est soudainement dégradé il y a trois semaines.

Né le 2 juillet en 1935 dans une famille aisée de Qena, en Haute-Egypte, Omar Souleimane s'engage dans la voie militaire, avant de prendre le chemin des "services". Il devient en 1991 le chef des moukhabarat, le redoutable et tentaculaire bureau de renseignements intérieurs.

Les groupes islamistes radicaux de la Gamaa islamiya ou du Jihad, responsables de sanglants attentats en Egypte, furent parmi ses premières cibles dans les années 1990. La répression qui s'abattit sur eux fut sans pitié.

Fort notamment de bonnes relations avec les Américains, cet homme incontournable accumule les "missions spéciales".

Il est chargé de dossiers de politique étrangère dont celui du conflit israélo-palestinien, qu'il gère en première ligne, davantage que le chef de la diplomatie de l'époque, Ahmed Aboul Gheit.

Il a su opérer dans l'ombre, parlant avec Israël et son ennemi juré, le Hamas, pour en finir avec la meurtrière guerre de Gaza fin 2008.

Il détient le record du nombre de trêves israélo-palestiniennes, parfois à la vie courte, conclues depuis la deuxième intifada palestinienne en 2000.

bur-cr/feb/vl

PLUS:afp