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19/07/2012 11:44 EDT | Actualisé 18/09/2012 05:12 EDT

Meles Zenawi en "congé" mais sa santé "très bonne et stable", affirme Addis

La santé du Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, est "très bonne et stable", mais ses médecins lui ont prescrit un "congé" qui ne sera "pas trop long", a annoncé jeudi le porte-parole du gouvernement éthiopien, lors d'un point de presse à Addis Abeba.

"Ses médecins lui ont donné le traitement médical nécessaire et à ce stade sa santé est très bonne et stable," a affirmé ce porte-parole, Bereket Simon, sans préciser de quoi souffre le dirigeant. "Ce n'est pas un cancer du cerveau, ce n'est rien de ce que tous les détracteurs disent," a-t-il ajouté.

Des sources diplomatiques avaient affirmé mercredi que M. Meles, 57 ans, était hospitalisé à Bruxelles dans un état grave et son pronostic vital engagé. Jeudi, elles confirmaient que l'état de santé du responsable restait critique.

"Ses médecins lui ont conseillé de prendre une période de congé pour rapidement récupérer," a poursuivi M. Bereket. "Je ne peux pas vous donner de calendrier définitif pour cela (...) ce ne sera pas trop long", a-t-il poursuivi, ajoutant s'attendre à ce que son retour soit une question de "jours".

Interrogé sur l'ancienneté de la maladie de M. Meles, le porte-parole a répondu: "c'est un phénomène récent et nous espérons qu'elle (la maladie) s'en ira aussi vite que possible". Il a toutefois reconnu que le Premier ministre pourrait avoir été malade "depuis plus longtemps que ce que nous savons".

M. Meles continue de gouverner, "il n'y a pas de changement à cet égard," a poursuivi M. Bereket.

"Même s'il est aux commandes, il doit prendre du repos. Un congé ne signifie pas que personne n'est aux commandes," a-t-il poursuivi. "La question de son retrait (du pouvoir) n'a pas été posée et je pense que cela dépasse le mandat des médecins."

M. Bereket a toutefois reconnu que "l'épuisement" de M. Meles était "visible" et que, pour cette raison, "le parti au pouvoir a dit qu'un nouveau groupe de dirigeants devrait émerger pour prendre le relais".

Avant les dernières législatives en 2010, M. Zenawi -- marié à Azeb Mesfin, une ancienne combattante, et père de trois filles -- avait affirmé à plusieurs reprises qu'il ne souhaitait pas être candidat. Son parti l'avait officiellement "obligé" à rester encore cinq ans à sa tête.

La Constitution éthiopienne ne prévoit aucune procédure de remplacement du Premier ministre en cas d'empêchement ou de vacance. Son article 75 stipule simplement que le vice-Premier ministre "agit au nom du Premier ministre en son absence". C'est Hailemariam Deselegn, 47 ans, qui occupe actuellement ce poste de vice-Premier ministre.

Une absence prolongée, voire la disparition du Premier ministre éthiopien, aurait de sérieuses conséquences pour la région très instable de la Corne de l'Afrique. Il est "un pôle de stabilité entre le Soudan, l'Erythrée et la Somalie", expliquait mercredi une source diplomatique à Bruxelles.

Poids lourds parmi les dirigeants africains, M. Meles dirige l'Ethiopie depuis 1991. Il a fait de son pays, le deuxième le plus peuplé d'Afrique après le Nigeria, un allié-clé des Etats-Unis dans la lutte contre l'extrémisme islamiste dans la Corne de l'Afrique.

Son armée est notamment intervenue deux fois en Somalie, en 2006 pour écraser le régime des tribunaux islamiques et depuis novembre 2011 pour lutter contre les insurgés islamistes shebab.

M. Meles entretient aussi des relations très tendues avec le président érythréen, Issaias Afeworki, ancien allié dans la lutte contre le régime de Mengistu Hailé Mariam à l'époque où l'Erythrée, aujourd'hui accusée de soutien aux islamistes somaliens, était une province éthiopienne.

Né le 8 mai 1955 à Adoua (nord), M. Meles était à la tête de la rébellion du Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) quand celle-ci a renversé le dictateur Mengistu en 1991.

Jusqu'en 1995, il a occupé les fonctions de président de la République, avant le changement de Constitution qui a fait de l'Ethiopie un régime parlementaire. Il a rejoint le club fermé des dirigeants africains en poste depuis plus de deux décennies grâce à une victoire écrasante aux élections de 2010, lors desquelles il a remporté 99% des suffrages.

Mais cet interlocuteur privilégié des Occidentaux dans la région n'est plus apparu en public depuis juin. Et son absence, inédite, au dernier sommet de l'Union africaine les 15 et 16 juillet à Addis Abeba, a été très remarquée.

jv-aud/ayv/sba

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