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Le Ramadan arrive dans un contexte particulier en Tunisie

19/07/2012 10:41 EDT | Actualisé 18/09/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - C'est dans un contexte exceptionnel qu'intervient cette année le mois de Ramadan en Tunisie, un an et demi après le soulèvement populaire qui a fait chuter le régime de l'ancien président Ben Ali et permis l'accès au pouvoir des islamistes.

L'arrivée du mois saint des musulmans est prévue vendredi ou samedi, selon l'observation de la Lune.

En plus de la chaleur exceptionnelle qui prévaut en cette période estivale en Tunisie, avec des pics de plus de 40 degrés Celsius, la conjoncture socio-économique a été fragilisée par les troubles qui ont sérieusement affecté le pays depuis janvier 2011.

«Ça va être dur. Mais comme nous le recommande notre religion, nous devons faire preuve de patience et nous serrer la ceinture en tenant compte de nos modestes moyens», se console Saïda Ben Hassine, une femme au foyer âgée dans la cinquantaine, mère de quatre enfants.

Pendant le mois de Ramadan, les musulmans, qui constituent près de 98 de la population tunisienne, observeront le jeûne en s'abstenant de boire, de manger et d'avoir des relations sexuelles du lever au coucher du soleil. Mais la Tunisie ne punit pas ceux qui ne respectent pas ce rite. Dans la capitale comme dans les grandes villes, des cafés et des restaurants restent ouverts, dans la discrétion.

Paradoxalement, le Ramadan, censé être une période de piété et de maîtrise des désirs, est caractérisé par un phénomène de surconsommation.

Ridha Gouia, membre de l'association des économistes tunisiens, prévoit que la consommation des ménages sera multipliée par 1,5 au cours du mois. Pour parer à cette demande croissante, le gouvernement met en place des stocks de produits de base (oeufs, lait, eau minérale, viandes) en recourant à l'importation en cas de nécessité. Et parallèlement, les contrôles vont s'intensifier pour combattre la hausse illicite des prix qui se manifeste en cette période.

Le ministère des Affaires sociales et les associations de la société civile ont annoncé des programmes d'aide en nature et en espèces ciblant quelque 235 000 familles démunies. Des «restos du coeur» sont également prévus dans les régions pauvres.

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