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Le président yéménite appelle l'Iran à cesser ses ingérences

19/07/2012 04:10 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT

Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a appelé l'Iran à cesser de s'ingérer dans les affaires de son pays où des informations de presse ont fait jeudi état du démantèlement d'"un réseau iranien d'espionnage", des accusations aussitôt rejetées par Téhéran.

"Nous souhaitons que nos frères en Iran cessent de s'immiscer dans nos affaires et prennent en considération la situation délicate que traverse le pays", a déclaré M. Hadi, cité par l'agence officielle Saba, lors d'une cérémonie mercredi dans une académie militaire à Sanaa.

"Laissez le Yémen tranquille. Assez", a martelé le chef de l'Etat sans donner de précisions sur les griefs retenus contre la République islamique.

Le ministère yéménite de la Défense, citant des "sources informées", a fait état du démantèlement au Yémen d'"un réseau iranien d'espionnage".

Ce réseau "opère depuis sept ans (...), sous la direction d'un ancien dirigeant des Gardiens de la Révolution", l'armée d'élite du régime iranien, a ajouté le ministère sur son site internet 26sep.net.

Le réseau iranien "menait des opérations d'espionnage au Yémen et dans la Corne de l'Afrique", selon le ministère.

A Téhéran, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast a rejeté ces accusations dans une déclaration à la chaîne de télévision iranienne en arabe Al-Alam.

"Au lieu de lancer des accusations sans fondement contre notre pays, (les dirigeants yéménites, NDLR) feraient mieux de prendre en considération et de répondre aux demandes légitimes de leur population", a-t-il déclaré.

"L'Iran rejette toute ingérence dans les affaires intérieures des pays de la région", a-t-il poursuivi.

Les relations entre le Yémen, à majorité sunnite, et l'Iran chiite ont été souvent empreintes de méfiance, Sanaa soupçonnant Téhéran de soutenir les rebelles zaïdites, une branche du chiisme, majoritaires dans le nord du Yémen.

Les rebelles zaïdites se sont soulevés en 2004 contre la marginalisation dont ils se disent victimes sur les plans politique, social et religieux. Les combats avec l'armée ont fait des milliers de morts avant un cessez-le-feu en février 2010.

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