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Israël promet de riposter à la "campagne mondiale de terrorisme" de l'Iran

19/07/2012 11:38 EDT | Actualisé 18/09/2012 05:12 EDT

Israël a promis des représailles à l'attentat suicide meurtrier perpétré mercredi en Bulgarie contre des touristes israéliens, dont il accuse l'Iran d'être le commanditaire et le Hezbollah chiite libanais l'exécutant.

Les analystes israéliens s'accordaient cependant généralement pour estimer que la guerre de l'ombre entre Israël et l'Iran n'allait pas dégénérer en conflit ouvert dans un proche avenir.

"L'attentat d'hier en Bulgarie a été perpétré par le Hezbollah, le principal agent terroriste de l'Iran", a déclaré jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Cet attentat fait partie d'une campagne terroriste mondiale lancée par l'Iran et le Hezbollah", a ajouté M. Netanyahu.

"Nous continuerons à combattre les terroristes et à faire payer cher ceux qui soutiennent le terrorisme", a dit le Premier ministre israélien.

"Tout doit être fait pour empêcher l'Iran, le plus dangereux régime au monde, de développer les plus dangereuses armes au monde", a-t-il poursuivi, en référence au programme nucléaire controversé de Téhéran.

Auparavant, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak avait affirmé que l'attentat avait été "mené par des activistes du Hezbollah et commandité par l'Iran".

"Nous ferons tout notre possible pour retrouver les auteurs de l'attentat de Bourgas et leurs commanditaires afin de les punir", a-t-il averti.

Dans la même veine, le chef de la diplomatie israélienne Avigdor Lieberman a mis en cause "le Hezbollah aidé par les Gardiens de la révolution iraniens", garde prétorienne du régime.

L'attentat suicide dans un bus de touristes à l'aéroport de Bourgas, sur la mer Noire, a fait au moins six morts, outre son auteur: cinq Israéliens et le chauffeur bulgare.

La télévision d'Etat iranienne a qualifié jeudi de "hâtives" et "ridicules" les accusations de M. Netanyahu, rappelant qu'il avait fait de même après les attentats anti-israéliens en Thaïlande et en Inde en février "sans aucune preuve".

"La position de l'Iran est de condamner tout acte terroriste dans le monde", a pour sa part déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, cité par la télévision.

Israël voit la main de l'Iran dans une série d'attentats ou projets d'attaques cette année, notamment en Géorgie, en Azerbaïdjan, et plus récemment au Kenya et à Chypre.

L'Iran impute pour sa part à Israël une vague d'attentats meurtriers contre ses scientifiques nucléaires ainsi que d'attaques informatiques contre ses installations nucléaires.

Le Hezbollah aussi a des comptes à régler avec le service de renseignements israélien, qu'il accuse de l'assassinat en 2008 à Damas de son chef militaire Imad Moughniyeh, soupçonné d'implication dans l'attentat contre la Mutuelle juive argentine (Amia) à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts, 18 ans jour pour jour avant l'attaque de Bourgas.

Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Danny Ayalon a estimé qu'Israël devait "éviter de réagir à chaud et soigneusement réfléchir à sa riposte car il faut d'abord assembler tous les éléments du puzzle".

Selon Yoav Limor, commentateur militaire du journal gratuit Israël Hayom, proche du Premier ministre, même si les enquêteurs israéliens dépêchés à Bourgas "découvrent +l'arme du crime+, il sera difficile pour Israël de répliquer".

Un avis partagé par Ofer Shelah, expert militaire du quotidien israélien Maariv, pour qui "les idées de vengeance, collective ou individuelle, devront attendre", en raison notamment des pressions de l'administration américaine sur Israël pour le dissuader de frapper le programme nucléaire de Téhéran.

"La riposte d'Israël sera de nature diplomatique", écrit-il, "et consistera à montrer la carte des attaques terroristes de l'Iran pour convaincre tous ceux qui en doutent encore que l'Iran est un exportateur de terrorisme à grande échelle".

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