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USA: des coupes budgétaires automatiques ravageraient l'industrie de défense (patrons)

18/07/2012 04:43 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT

La menace de coupes automatiques en 2013 dans le budget du Pentagone a déjà "un effet paralysant" sur les industries de défense et leur mise en oeuvre aura un effet dévastateur, ont prévenu mercredi devant le Congrès américain des patrons du secteur de la défense.

"S'il y a des coupes automatiques, ce sera un traumatisme grave pour l'industrie et l'Amérique", a déclaré Robert Stevens, le patron de Lockheed Martin, la plus grosse société mondiale du secteur de la défense, lors d'une audition devant la commission de la Défense de la Chambre des représentants.

De telles amputations porteront "atteinte à la base industrielle et à la sécurité nationale de façon importante et irréparable", a-t-il ajouté.

Faute d'accord entre républicains et démocrates, une loi prévoit la mise en oeuvre le 2 janvier 2013 de coupes automatiques d'un montant de 1.000 milliards de dollars sur 10 ans, dont la moitié sur le budget du Pentagone, par ailleurs déjà engagé dans des économies de 487 milliards de dollars sur cette période.

Cette perspective a "déjà un effet paralysant sur l'industrie", en particulier sur les embauches et les programmes de formation, a expliqué M. Stevens.

A la suite de ces témoignages, la Chambre des représentants, dominée par les républicains, a voté mercredi en fin d'après-midi une motion pour demander à la Maison Blanche comment elle comptait gérer ces coupes budgétaires.

Les représentants démocrates et républicains, pour une fois d'accord, ont adopté à la quasi unanimité ce texte, qui a recueilli 414 voix, contre seulement deux bulletins opposés.

Il demande des précisions au président Barack Obama sur la manière dont son administration compte s'y prendre pour digérer une réduction de budget de 109 milliards de dollars pour la seule année 2013. La Chambre des représentants a également mis la pression sur le Sénat, à majorité démocrate, pour qu'il adopte à son tour cette motion.

Avec la perspective de ces coupes budgétaires les sous-traitants "ont déjà prévenu qu'ils se préparent à tailler dans les effectifs", a souligné lors de l'audition devant la commission de la Défense Sean O'Keefe, patron du géant européen EADS aux Etats-Unis.

"Nous craignons que la réticence du gouvernement à faire des choix difficiles et à appliquer des coupes bien ciblées ne conduise le budget fédéral, et particulièrement celui de la défense, à être taillé à la tronçonneuse", a-t-il soutenu.

Selon le Bureau du budget du Congrès (CBO), la mise en oeuvre des coupes automatiques risque de plonger le pays dans une nouvelle récession, tandis que diverses études commandées par l'indusrie estiment qu'elles coûteront aux Etats-Unis entre 700.000 et 2,1 millions d'emplois.

Mais à quatre mois de la présidentielle, républicains et démocrates campent sur leurs positions, les premiers plaidant pour de nouvelles mesures d'économies, tandis que les seconds sont favorables à une augmentation des impôts et à la fin des exonérations fiscales pour les plus riches datant de la présidence de George W. Bush.

mlm/mra/sam

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