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Tunisie: le chef de la banque centrale combatif au débat sur son limogeage

18/07/2012 12:21 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT

Le gouverneur de la Banque centrale tunisienne Mustapha Kamel Nabli a dénoncé mercredi avec ferveur son limogeage comme une décision politique, lors de son audition par l'Assemblée nationale constituante (ANC) qui doit encore approuver son renvoi.

"Les raisons de mon limogeage sont de nature politique, le but est une domination partisane étroite sur les institutions du pays", a-t-il lancé devant les élus, une accusation qui vise la coalition au gouvernement dominée par les islamistes alliés à deux partis de centre-gauche.

"Est ce que on veut un retour au régime et au discours totalitaire?", a martelé le gouverneur, en poste depuis janvier 2011 et la révolution qui a renversé le régime du président Ben Ali.

Le président Moncef Marzouki a limogé M. Nabli le 27 juin, une décision approuvée par le gouvernement mais que l'ANC doit valider.

Les députés devaient à l'origine se prononcer mardi, mais les élus d'opposition, dénonçant lors d'un débat houleux un vice de forme et l'absence d'audition du gouverneur, ont obtenu un report de séance jusqu'à mercredi, prolongeant ce feuilleton qui dure depuis trois semaines.

Le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des affaires économiques Ridha Saïdi a motivé mardi ce limogeage par le manque d'"harmonisation et de coordination entre le gouvernement et la Banque centrale" et "l'absence de confiance" entre les deux parties.

Il a aussi pointé du doigt les retards de la réforme bancaire, une perte de valeur du dinar tunisien, la baisse des réserves en devises et le retard du recouvrement des biens mal-acquis par les proches du président déchu.

"Les arguments sur mon limogeage sont erronés (...) contraires à la réalité (...) fondés sur des rumeurs", a rétorqué mercredi M. Nabli.

Selon la presse tunisienne, il doit être remplacé par Chedly Ayari, 79 ans, un docteur en économie qui a été ministre du Plan à l'époque du père de l'indépendance Habib Bourguiba. Il a ensuite occupé des fonctions dans la diplomatie et été sénateur sous Ben Ali.

M. Nabli est réputé être un défenseur invétéré de l'indépendance de la BCT et un opposant au recours à la planche à billets.

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