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Syrie: les USA voient Assad "perdre le contrôle" et affûtent les sanctions

18/07/2012 01:09 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT

Washington a estimé mercredi que le régime de Damas était en train de "perdre le contrôle de la Syrie", après un attentat qui a coûté la vie à plusieurs responsables de premier plan, et a affûté ses sanctions en disant toujours espérer une "transition politique".

"Il est évident que le régime Assad est en train de perdre le contrôle de la Syrie", a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain (NSC), Tommy Vietor, en soulignant dans un communiqué l'urgence d'une transition politique pour "éviter une guerre civile longue et sanglante".

M. Vietor a noté les mauvaises nouvelles qui se sont succédé dernièrement pour M. Assad, avant même l'attentat de mercredi, "avec de plus en plus de défections, une opposition renforcée et plus unifiée qui agit dans tout le pays".

"Nombreux sont les Syriens qui soutenaient auparavant le régime et qui voient désormais Assad comme le problème, pas la solution, tandis que les difficultés financières du régime continuent. Avec un régime Assad qui perd le contrôle (du pays), le temps est venu pour les Syriens et la communauté internationale de s'intéresser à l'après", a encore affirmé le porte-parole du NSC, le cabinet de politique étrangère de la présidence américaine.

"Nous travaillons d'arrache-pied avec nos partenaires internationaux dans le but de parvenir à une transition politique en Syrie (...) Plus vite cette transition se produira, plus nous aurons de chances d'éviter une guerre civile longue et sanglante", a expliqué M. Vietor.

Trois hauts responsables en première ligne dans la répression de la révolte en Syrie, dont le beau-frère du président Assad, ont été tués mercredi à Damas dans un attentat suicide spectaculaire qui a porté un coup à l'appareil sécuritaire syrien.

Réagissant à cet attentat avant la Maison Blanche, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta avait lui aussi mis en garde contre une situation en Syrie qui "devient incontrôlable".

"Il est extrêmement important de travailler avec les autres pays qui partagent cette inquiétude afin de mettre le plus de pression possible sur Assad pour qu'il quitte le pouvoir et permette une transition pacifique", a souligné M. Panetta.

Le département d'Etat n'a pas explicitement condamné cet attentat qui a coûté la vie aux ministres syriens. Le porte-parole Patrick Ventrell a indiqué, lors de son point de presse, que "les Etats-Unis ne voulaient pas davantage d'effusion de sang en Syrie, mais que ces hommes (tués mercredi) étaient les principaux architectes de l'agression du régime d'Assad contre le peuple syrien".

"C'est le régime d'Assad qui, en massacrant son propre peuple, a créé ce chaos", a martelé le porte-parole de la diplomatie américaine.

Parallèlement, Washington a encore accru sa pression sur le régime syrien. Le département du Trésor a allongé le nombre de personnes physiques et morales syriennes figurant sur les listes noires des individus et entités faisant l'objet de sanctions américaines: 28 ministres et le président de la banque centrale, ainsi que six entreprises, sont visées.

En visite en Irak, le conseiller de sécurité nationale du vice-président américain Joe Biden a par ailleurs exprimé sa crainte que le conflit ne prenne une tournure religieuse et "contamine les voisins" de la Syrie.

"Plus le statu quo se prolonge, plus il est vraisemblable que des événements indésirables se produisent", a dit Tony Blinken à des journalistes à l'issue d'entretiens avec de hauts responsables irakiens dont le Premier ministre.

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