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Syrie: le vote à l'ONU reporté à jeudi à la demande de Kofi Annan

18/07/2012 01:19 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT

Le vote prévu mercredi à l'ONU sur une résolution occidentale menaçant le régime syrien de sanctions a été reporté à jeudi matin à la demande de Kofi Annan qui espère encore un compromis avec Moscou, ont indiqué des diplomates.

"Nous voterons demain (jeudi) matin", a déclaré à la presse l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant, à l'issue de consultations entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (P5: Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume uni).

Selon l'ambassadeur chinois Li Baodong, les négociations vont se poursuivre avec pour objectif "un accord sur un document consensuel".

L'ambassadeur français Gérard Araud a cependant affirmé que le cadre des négociations devait être "une résolution sous chapitre VII avec une menace de sanctions". "Dans ce cadre nous sommes prêts à négocier".

Il a dit "espérer" une évolution de la position des Russes, qui ont dit clairement qu'ils opposeraient leur veto au texte occidental.

M. Araud a cependant indiqué quelques heures plus tard que la Russie et la Chine n'avaient toujours pas proposé d'amendements au texte occidental. "Pour négocier il faut de la substance, a-t-il dit, donc pour le moment il n'y a pas de réunion" du P5.

L'ambassadrice américaine Susan Rice a affirmé ne rien attendre de nouveau des Russes. "Nous avons eu une discussion utile mais que je ne qualifierais pas de négociation", a-t-elle déclaré.

Le chapitre VII de la Charte des Nations unies prévoit des mesures coercitives pour contraindre un pays à se plier à une décision de l'ONU. La résolution présentée par la France, les Etats-Unis, l'Allemagne, le Portugal et le Royaume-Uni évoque uniquement d'éventuelles sanctions économiques ou diplomatiques -- et non l'usage de la force -- si l'armée syrienne ne cesse pas d'utiliser ses armes lourdes contre l'opposition.

C'est à la demande de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan que le report a été décidé, selon des diplomates. M. Annan "croit qu'il est possible de parvenir à un compromis avec la Russie sur une résolution" et les Occidentaux "ne peuvent pas lui refuser un petit délai", a expliqué un diplomate occidental.

Kofi Annan est rentré à Genève après une visite à Moscou où il a rencontré mardi le président Vladimir Poutine et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Il a exhorté mercredi les membres du Conseil à "s'unir et à agir de façon concertée et forte" pour mettre un terme aux violences en Syrie. "Les violences commises aujourd'hui soulignent l'urgence d'une action décisive du Conseil", a-t-il affirmé.

Mardi soir, des diplomates occidentaux prévoyaient qu'un vote au Conseil se solderait par un double veto russe et chinois, le troisième depuis le début de la crise syrienne en mars 2011.

Moscou s'oppose à toute sanction contre son allié syrien et a déposé un projet rival de résolution qui a peu de chances d'être adopté. "Les sanctions, nous ne pouvons les accepter", a réaffirmé mercredi M. Lavrov.

Le Conseil a jusqu'à vendredi soir pour adopter une résolution sur le sort des 300 observateurs de la Mission d'observation de l'ONU en Syrie (Misnus), dont le mandat expire à cette date. Les Occidentaux veulent assortir son renouvellement de pressions sur Damas et la Russie veut se contenter de prolonger la mission.

Sur le terrain les combats se sont intensifiés dans la capitale depuis dimanche et un attentat a tué mercredi trois hauts responsables syriens, dont le beau-frère du président Bachar al-Assad, touchant le coeur de l'appareil sécuritaire du régime.

Mais Occidentaux et Russes en ont tiré publiquement des conclusions diamétralement opposées. Pour Sergueï Lavrov, "dans ce contexte, l'adoption de la résolution (occidentale) serait un soutien direct à un mouvement révolutionnaire. S'il est question d'une révolution, l'ONU n'a aucun rapport avec ça".

Par contre, le secrétaire américain à la défense Leon Panetta et son homologue britannique Philip Hammond ont jugé que la situation en Syrie "devient incontrôlable" et qu'il est donc d'autant plus urgent de faire pression sur Damas.

"C'est une situation qui devient rapidement incontrôlable et pour cette raison, il est extrêmement important de travailler avec les autres pays qui partagent cette inquiétude afin de mettre le plus de pression possible sur (le président syrien Bachar) al-Assad pour qu'il quitte le pouvoir et permette une transition pacifique", a affirmé M. Panetta.

Se pose désormais aussi la question de la sécurité de la Misnus, qui est basée dans la capitale, ont souligné des diplomates à l'ONU. Les 300 observateurs, déployés à la mi-avril pour surveiller un cessez-le-feu qui n'a jamais été respecté par les deux camps, ont suspendu depuis la mi-juin la plupart de leurs activités sur le terrain en raison des combats.

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