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Romney accuse Obama de ne penser qu'à son emploi, pas à ceux des Américains

18/07/2012 05:47 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT

Le candidat républicain à la présidentielle de novembre, Mitt Romney, a accusé mercredi le président sortant Barack Obama de ne penser qu'à son emploi et pas à ceux des Américains, en lui reprochant de ne pas avoir réuni son "conseil pour l'emploi" depuis six mois.

Dans une campagne fertile en attaques personnelles, et alors qu'il a été mis sur la défensive par les démocrates au sujet de ses finances, M. Romney a tenté mercredi de recentrer le débat sur l'un des points faibles du bilan de M. Obama: le chômage qui, à 8,2% de la population active et malgré une décrue depuis 2009, reste bien plus élevé qu'avant la crise de 2008.

"Vous auriez pensé que ce président consacrerait toute son énergie et sa passion à aider les gens à trouver du travail", a remarqué M. Romney lors d'une réunion électorale à Bowling Green, dans l'Etat crucial de l'Ohio (nord) où M. Obama l'avait précédé lundi.

"Mais vous savez ce qu'il a fait ces six derniers mois? Il a participé à cent réunions de levée de fonds" pour financer sa campagne de réélection, a-t-il dénoncé.

"Et devinez combien de fois il a réuni son conseil pour l'emploi? Aucune. Zéro, zéro ces six derniers mois. Donc, ses priorités sont très évidentes. Sa priorité n'est pas de créer des emplois pour vous, mais de garder son propre emploi, et c'est pour cela qu'il va le perdre", a lancé M. Romney.

Interrogé sur ce point, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a affirmé qu'il n'y avait pas de "raison spécifique" pour laquelle M. Obama n'avait pas réuni ce conseil chargé de lui fournir des idées sur la façon de dynamiser le marché de l'emploi et composé en particulier de chefs d'entreprises.

M. Obama l'avait créé en janvier 2011 et y avait mis à sa tête le patron de General Electric, Jeffrey Immelt. Cette nomination avait à l'époque été interprétée comme un appel du pied au monde de l'entreprise après la défaite des démocrates aux élections législatives de la mi-mandat en novembre 2010.

Malgré son emploi du temps chargé, le président "continue à solliciter et à recevoir des conseils sur l'économie de nombreuses personnes en dehors de son administration", a assuré mercredi M. Carney.

L'équipe de campagne de M. Obama a elle aussi riposté en rappelant que M. Obama avait présenté un plan pour l'emploi en septembre 2011 au Congrès, inspiré de propositions du conseil présidé par M. Immelt, mais qu'il était largement resté lettre morte en raison du blocage des républicains.

Une porte-parole du comité de campagne démocrate, Lis Smith, a aussi rappelé un rapport récemment publié par la feuille spécialisée Tax Notes, qui affirme que les projets de M. Romney pour l'économie américaine créeraient 800.000 emplois... à l'étranger. M. Obama avait ironisé à ce sujet lundi dans l'Ohio.

M. Obama, dans ses discours de campagne, affirme que l'élection du 6 novembre, lors de laquelle il briguera un second mandat de quatre ans, constitue un choix entre deux visions diamétralement opposées de l'économie et de la société américaines.

Il dit souhaiter donner la priorité à la classe moyenne et laisser expirer, pour les Américains les plus aisés, les cadeaux fiscaux accordés par son prédécesseur George W. Bush.

M. Romney, ancien dirigeant multimillionnaire d'une société de capital-risque, affirme vouloir réduire les contraintes fiscales et réglementaires des entreprises, qui ont selon lui bridé la reprise de la croissance après la crise de 2008.

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