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Nouvelle enquête sur la mort mystérieuse d'un ex-secrétaire général de l'ONU

18/07/2012 07:10 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Un groupe international de juristes a été mandaté pour rouvrir l'enquête sur la mort de l'ancien secrétaire général de l'ONU Dag Hammarskjöld en 1961, l'un des grands mystères non résolus de la guerre froide.

Selon un communiqué diffusé mercredi, l'équipe tentera de déterminer ce qui est arrivé à M. Hammarskjöld, considéré par plusieurs observateurs comme le secrétaire général le plus efficace de l'histoire des Nations unies. Dag Hammarskjöld était originaire de la Suède.

La commission sera présidée par le député et ancien dirigeant syndical britannique David Lea.

«La vérité reste encore à découvrir», affirme M. Lea dans le communiqué.

L'avion dans lequel Dag Hammarskjöld voyageait s'est écrasé dans la forêt dense de ce qui était alors la Rhodésie du Nord, aujourd'hui la Zambie, dans la nuit du 17 septembre 1961. Quinze personnes sont mortes dans l'écrasement, dont le secrétaire général de l'ONU.

Dag Hammarskjöld était engagé dans des négociations visant à trouver un accord pour mettre fin aux violences entre le gouvernement du Congo et sa province sécessionniste du Katanga, un conflit meurtrier aux relents d'intrigues post-coloniales et de rivalités de la guerre froide.

Les trois enquêtes menées sur la mort de M. Hammarskjöld n'ont pas permis de déterminer la cause de l'écrasement, laissant place aux théories conspirationnistes. Certains pensent qu'il a été tué par les États-Unis, alors que d'autres avancent que des mercenaires appuyés par des intérêts commerciaux occidentaux sont responsables de sa mort.

D'autres théories avancent que Dag Hammarskjöld a été tué par les soviétiques, qui l'accusaient de complicité dans l'assassinat du héros de l'indépendance congolaise, Patrice Lumumba, soutenu par Moscou.

Une hypothèse plus récente et moins sinistre laisse croire que l'accident pourrait avoir été causé par la fatigue du pilote de l'avion.

David Lea a souligné que de nouvelles hypothèses continuaient de circuler dans l'espace public, plus de 50 ans après la mort du secrétaire général. Il a cité le livre «Who Killed Hammarskjold?», publié en 2011 par Susan Williams, elle aussi membre de la commission d'enquête. L'auteure allègue que la mort de M. Hammarskjöld était délibérée et que les preuves ont été dissimulées.

La nouvelle enquête n'a pas de statut officiel, mais comprend plusieurs juristes de renom, dont le juge sud-africain Richard Goldstone, qui a dirigé une mission d'enquête de l'ONU dans la bande de Gaza.

Les autres membres de la commission sont Henning Melber, directeur de la Fondation Dag Hammarskjöld, le Nigérian Emeka Anyaoku, ancien secrétaire général du Commonwealth, Stephen Seldey, ex-juge et lord britannique, Hans Correll, ancien diplomate suédois, et Wilhelmina Thomassen, juge à la Cour suprême des Pays-Bas.

La commission espère terminer son rapport d'ici un an. Elle remettra ses conclusions aux Nations unies.

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