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Les USA en proie à une grave sécheresse menaçant la production de céréales

18/07/2012 02:24 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis sont en proie depuis le mois de juin à une grave sécheresse, une canicule dont les météorologues ne voient pas la fin et qui menace désormais la production de céréales, dont les prix sont montés en flèche.

Cet épisode est "sans doute la situation la plus grave depuis 25 ans", a affirmé mercredi le secrétaire américain à l'Agriculture Tom Vilsack, après avoir rencontré le président Barack Obama pour évoquer cette crise.

M. Vilsack a toutefois affirmé que le phénomène n'atteignait pas encore la gravité de la sécheresse historique de 1988, même s'il concerne une surface plus importante des Etats-Unis, le premier producteur mondial de soja et de maïs.

Selon le ministre, M. Obama "est bien informé des circonstances de (cette) sécheresse très grave, sans doute la situation la plus grave depuis 25 ans dans le pays", dont 61% du territoire est désormais affecté, selon lui.

Malgré la hausse spectaculaire des prix des céréales sur les marchés, M. Vilsack a noté qu'il était encore difficile de savoir quels seraient les effets de la sécheresse sur les récoltes.

"Sur la base des estimations à l'heure actuelle, la récolte de maïs serait toujours la troisième plus importante de l'histoire des Etats-Unis, parce qu'une surface plus importante a été ensemencée", a-t-il expliqué: "il va falloir attendre pour voir ce que nos récoltes vont donner".

Mais les agriculteurs américains cherchent d'ores et déjà à arracher des céréales et réduire les troupeaux, alors que les spécialistes annoncent un nouveau mois de grosse chaleur, sans une goutte de pluie.

De son côté, la Banque mondiale observe les conséquences sur les approvisionnements alimentaires mondiaux: la forte poussée des prix des denrées alimentaires en 2008 et 2010 avait déjà porté un coup sévère aux pays importateurs de produits alimentaires les plus pauvres, déclenchant notamment des émeutes de la faim.

"Les terres arables se sont desséchées et les récoltes et pâturages clôturés ou non se sont dégradés à un point rarement observé au cours des 18 dernières années", selon le climatologue Mark Svoboda du Centre national de lutte contre la sécheresse.

Selon Joseph Glauber, économiste au département de l'Agriculture, 38% des cultures de maïs et 30% des cultures de soja sont dans un état "critique", voire "très critique".

Le prix du maïs a augmenté de 50% depuis le mois de mai et celui du soja de 26%. 

M. Vilsack a évoqué la possibilité pour les agriculteurs américains d'avoir recours aux assurances, qui couvrent selon lui "en moyenne 72% des récoltes et des pertes de revenus". Les éleveurs, en revanche, "sont dans la situation la plus difficile" car ils dépendent des céréales pour nourrir leurs animaux, et sont touchés par la hausse des cours.

Paradoxalement, les prix du boeuf et de la viande en général ont chuté. Selon Joseph Glauber, certains éleveurs, confrontés à la hausse des prix des aliments pour le bétail, cherchent à réduire leur cheptel et saturent le marché.

Mais à plus long terme, M. Glauber craint que les réductions de troupeaux entraînent une raréfaction des approvisionnements et une augmentation du prix de la viande, après celle des céréales.

M. Vilsack est allé dans le même sens: la hausse des cours des céréales ne devrait pas immédiatement se répercuter sur les prix des aliments. "Nous verrons probablement les prix augmenter d'ici à la fin de l'année. Les aliments manufacturés subissent l'impact des récoltes, et une augmentation des prix aura sans doute aussi lieu en 2013", a-t-il remarqué.

Selon Marc Svoboda, la culture des céréales n'est pas le seul problème. La sécheresse a déjà provoqué des feux de forêt dévastateurs dans l'ouest du pays. Si la chaleur persiste, le climatologue prévoit que les villes pourraient être touchées par un problème d'approvisionnement en eau, ce qui pourrait conduire à des restrictions de consommation.

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