Francophonie: le Canada coupe sa contribution volontaire à la CONFEJES, les responsables s'insurgent

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Des acteurs de la francophonie accusent le Canada d'abandonner la jeunesse francophone en se retirant financièrement de certains programmes, alors que son discours prône le contraire, moins d'une semaine après le Forum mondial de la langue française qui s'est tenu à Québec.

Fait rare dans l'histoire de la francophonie, une institution membre est sortie de son mutisme diplomatique pour dénoncer sur la place publique un pays. C'est pourtant le cas des dirigeants de la Conférence des Ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie (CONFEJES).

«La CONFEJES repose sur l'aide financière des deux principaux pays francophones, la France et le Canada, explique M. Ali Harouna Bouramah, directeur des programmes jeunesse, dans son bureau au Sénégal. Le Canada finançait depuis plus de 40 ans la portion jeunesse et la France, le sport», dit-il.

Retrait du Canada

Or, coup de théâtre le 12 avril dernier au sein de la CONFEJES. Par l'entremise de l'ambassade du Canada à Dakar, le secrétaire général, M. Youssouf Fall, reçoit une lettre indiquant que le Canada - pour des raisons de compressions budgétaires - arrêtait sa contribution volontaire de 352 000 000 FCFA (moins d'un million $) dès 2013. Ce qui représente 31% du budget et met ainsi en péril l'avenir de l'organisme.

Un retrait financier que n'arrive pas à comprendre le secrétaire général. Surtout après le discours du premier ministre du Canada, Stephen Harper, à Québec, où ce dernier s'engageait au rayonnement de la francophonie, lors de l'ouverture officielle du Forum, le 2 juillet dernier.

«Il est regrettable que cette décision intervienne juste après que le 13ième Sommet des Chefs d'État et que le gouvernement se soit engagé avec force à confier à la jeunesse francophone un héritage fondé sur les valeurs qui nous unissent», peut-on lire dans la lettre adressée au ministre canadien responsable de l'ACDI, en avril, et envoyée aux 43 pays membres de la francophonie. Le Canada n'a jamais répondu à la lettre.

«On aurait accepté une diminution de l'aide allant de 30% à 50% pour des raisons de compressions budgétaires, ajoute M. Youssouf Fall. Si nous n'étions pas opérationnel et que nous n'avions pas de résultats, je pourrais comprendre. Mais ce n'est pas le cas», dit-il, déplorant l'abandon de la jeunesse francophone par le Canada, surtout en Afrique.

Indiquant qu'il y a actuellement un malaise au sein des autres pays membres de la francophonie à l'égard du Canada, M. Ali Harouna Bouramah regrette également l'absence des représentants canadiens aux tables de discussion en matière de francophonie.

Pour un retour de l'aide

Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique du Canada pour la Francophonie, Pierre Dionne-Labelle, demande pour sa part au nouveau ministre conservateur de la coopération, Julian Fantino, de revenir sur la décision de son prédécesseur, Bev Oda. «Si les conservateurs poursuivent sur cette voie et que l'organisation doit fermer ses portes, comme elle le craint, cette décision représentera une nouvelle tache au dossier du Canada sur la scène internationale», s'alarme-t-il.

Du côté de l'ACDI, on réitère l'argument des compressions budgétaires pour expliquer le retrait du Canada. «Le Canada reconnaît le rôle unique et important joué par La Francophonie et y demeure très engagé. L'ACDI continuera son soutien à l'Organisation internationale de la Francophonie, l'Agence universitaire de la Francophonie et le Programme canadien de bourses de la Francophonie», écrit via un courriel Katherine Heah-Éves, aux relations avec les médias.

Le Conférence des ministres de l'Éducation des pays ayant le français en partage a également été avisée que le Canada mettait fin à l'aide octroyée pour l'emploi d'une ressource à Dakar, dès 2013.

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