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Attentat suicide et violents combats à Damas avant un vote à l'ONU

18/07/2012 05:48 EDT | Actualisé 17/09/2012 05:12 EDT

Un attentat suicide a visé mercredi le bâtiment de la Sécurité nationale à Damas, où de violents combats impliquant des hélicoptères se poursuivaient à quelques heures d'un vote au Conseil de sécurité de l'ONU menaçant la Syrie de sanctions auxquelles s'oppose Moscou.

Plus de soixante soldats de l'armée régulière ont été tués ces dernières 48 heures à Damas dans les combats avec les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs et de civils armés, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Entre 40 et 50 soldats des forces régulières syriennes ont été tués avant-hier (lundi) dans des combats à Damas et au moins 20 ont péri hier (mardi)", a déclaré par téléphone à l'AFP le président de l'OSDH Rami Abdel Rahmane, sans préciser comment il avait pu établir ce bilan invérifiable.

Des combats, les plus violents depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad en mars 2011, se déroulent depuis dimanche soir dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale syrienne mais dont le coeur a été touché mercredi par un attentat suicide, selon la télévision nationale.

L'attaque a visé le bâtiment ultra-protégé de la Sécurité nationale, symbole de la répression, dans le quartier de Rawda, dans le centre de la capitale, a affirmé la télévision syrienne sans dire dans l'immédiat s'il y avait des victimes.

Selon l'OSDH et les Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la mobilisation sur le terrain, des hélicoptères, entrés en action mardi, continuaient à mitrailler mercredi matin les quartiers de Qaboune et de Barzé, dans l'est de Damas.

"Qaboune est encerclé par les chars, et les forces du régime pilonnent ce quartier de tous les côtés", a rapporté l'Union des coordinateurs de la Révolution syrienne (UCRS) sur sa page Facebook.

Des affrontements entre l'armée régulière et l'ASL se déroulaient parallèlement dans les quartiers de Midane et de Kafar Soussé, dans le sud et l'ouest de Damas, a ajouté l'OSDH.

Des colonnes de fumée noire étaient visibles à plusieurs endroits au-dessus de la capitale. Les rebelles ont annoncé mardi avoir lancé la "bataille pour la libération" de Damas.

Cette bataille "sera bientôt terminée" et la capitale sera "le cimetière des agresseurs", affirmait pour sa part mercredi le quotidien al-Watan, proche du régime.

Dans le même temps, le cargo russe Alaed, qui transporte des hélicoptères Mi-25 destinés à être restitués à la Syrie après avoir été remis en état par la Russie, a débranché mardi le système qui permet de connaître la position des navires naviguant dans le monde entier, a indiqué l'agence de presse Interfax.

Sur le plan diplomatique, dans une énième tentative pour faire cesser les violences --qui ont fait mardi 93 morts à travers la Syrie selon l'OSDH--, un vote au Conseil de sécurité de l'ONU est prévu sur un projet de résolution déposé par les Européens et Américains.

La Russie a dit clairement qu'elle mettrait son veto à ce texte qui menace Damas de sanctions s'il ne renonce pas à utiliser ses armes lourdes contre l'opposition, tout en prolongeant pour 45 jours la Mission des observateurs de l'ONU en Syrie (Misnus) qui expire officiellement vendredi.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a rencontré mercredi à Pékin le président chinois Hu Jintao, mais la question syrienne n'a pas été abordée devant les journalistes.

Le Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste chinois au pouvoir, s'est opposé mardi dans un éditorial à toute ingérence étrangère en Syrie, réitérant la position déjà maintes fois exprimée par Pékin.

"Le destin des dirigeants actuels en Syrie ne peut qu'être déterminé par le peuple syrien. C'est une affaire intérieure et la communauté internationale devrait le respecter", selon le journal.

La Chine et la Russie ont déjà bloqué à deux reprises des résolutions du Conseil, pour protéger leur allié syrien.

Selon le diplomate occidental à l'ONU, la Russie ne parviendra pas non plus à recueillir les neuf voix, sur 15 pays membres, qui lui permettraient de faire adopter son propre projet de résolution prolongeant la Misnus pour trois mois mais ne prévoyant pas de sanctions.

Si le mandat de la Misnus n'est pas prolongé, les quelque 300 observateurs devront plier bagage, ce qui marquerait un échec des efforts de médiation de Kofi Annan.

Pour éviter cela, le Conseil pourrait décider un renouvellement "technique" pendant 30 jours, "une manière de dire que nous n'avons pas tué la Misnus", a expliqué un diplomate.

De son côté, le général Manaf Tlass, plus haut gradé syrien ayant fait défection et proche de Bachar al-Assad, a appelé mardi depuis la France à la "transition" dans son pays.

bur-cco/sb

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