NOUVELLES

William Hague visite un camp de réfugiés syriens en Jordanie

17/07/2012 04:53 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

Le ministre des Affaires étrangères britannique William Hague a visité mardi un camp de réfugiés syriens dans la ville frontalière de Ramtha, en Jordanie, où il a été accueilli par des slogans réclamant le départ du président syrien Bachar al-Assad.

"Nous ne voulons pas de nourriture ou d'eau. Nous ne voulons pas d'argent. Nous voulons seulement que vous nous débarrassiez de Bachar", ont crié des réfugiés du camp de Bachabcheh, qui abrite un millier de réfugiés syriens, à Ramtha, non loin de la ville syrienne de Deraa (sud).

"La Grande-Bretagne va former plus de militants. Nous en avons déjà formé 47 et nous en formerons 20 de plus pour réunir des preuves des violations des droits de l'Homme en Syrie. Nous aidons également le HCR (le Haut comité pour les réfugiés) au financement de l'hébergement, de l'eau, de la nourriture et des installations sanitaires", a déclaré M. Hague au cours de sa visite en compagnie de son homologue jordanien Nasser Jawdeh.

"C'est terrible d'entendre les récits des gens ici sur ce qui se passe (en Syrie)", a-t-il déclaré, en évoquant "l'horreur des crimes commis par Assad".

Les deux ministres ont parlé à des blessés et à leurs enfants avant de visiter un bureau des Nations unies pour prendre connaissance des procédures d'enregistrement des réfugiés.

Le camp de Bachabcheh, assez rudimentaire, se compose de six immeubles d'habitations, de tentes et de quelques grands conteneurs de stockage.

La Jordanie accueille plus de 140.000 Syriens.

Un peu plus tard, lors d'une conférence de presse à Amman, M. Hague a réitéré la nécessité de recourir à une résolution du Conseil de sécurité basée sur le chapitre 7 de la charte des Nations unies.

"Clairement, nous avons échoué jusqu'ici", a-t-il reconnu, en référence au plan de paix de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan. "Donc maintenant, nous avons besoin que le Conseil de sécurité renforce nettement la pression", a-t-il souligné.

Il a appelé la Russie et la Chine, opposées à une résolution basée sur le chapitre 7, à "prendre note de l'ampleur du bain de sang et de la nécessité d'y mettre fin ainsi qu'à la situation désespérée des gens que nous avons rencontrés aujourd'hui à la frontière syrienne".

"Ce que nous avons vu aujourd'hui devrait nous laisser aucun doute sur le fait que le chapitre 7 est requis", a-t-il ajouté.

M. Hague a précisé que l'objectif était de "rendre obligatoire la mise en oeuvre du plan de paix Annan et d'un gouvernement de transition en Syrie, avec un processus politique pacifique, et d'imposer des sanctions (...) à l'encontre de ceux qui empêchent l'application de ce plan".

Le chapitre 7 permet d'exercer une pression sur un pays pour qu'il se conforme aux décisions du Conseil de sécurité. Il prévoit des mesures coercitives, allant de sanctions économiques jusqu'à l'usage de la force militaire.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), lié à l'opposition au régime de Damas, plus de 17.000 personnes ont péri depuis le début du soulèvement en mars 2011.

msh-akh/vv-cco/sb

PLUS:afp