NOUVELLES

Tunisie: Rached Ghannouchi maintenu à la tête d'Ennahdha

17/07/2012 04:04 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

TUNISIA, Tunisia - TUNIS (Sipa) — Au terme de son neuvième congrès, le mouvement islamiste tunisien au pouvoir "Ennahdha" a reconduit à sa tête dans la nuit de lundi à mardi son chef historique Rached Ghannouchi.

Partisan d'une ligne modérée, le leader d'Ennahdha, 71 ans, qui a passé plus de 20 ans en exil à Londres, considère que l'islam et la démocratie ne sont pas incompatibles.

Il a été réélu par 72,58% des suffrages exprimés, soit 744 voix sur les quelque 1.025 votants, devançant de loin 11 candidats en lice dont certains radicaux tels le physicien Sadok Chourou et Habib Ellouze qui prônent l'application de la charia, la loi islamique.

Sa victoire, attendue, a été accueillie par des ovations nourries dans la salle où se déroulait jusque tard dans la nuit de lundi à mardi la cérémonie de clôture en présence de milliers de militants.

Ces assises étaient les premières à se tenir en public après quarante ans de clandestinité en raison de la répression subie par le mouvement islamiste, notamment sous le régime de l'ancien président Ben Ali.

Dans une déclaration finale, le congrès d'Ennahdha ambitionne de promouvoir "la démocratie naissante" en Tunisie. Il plaide pour l'édification d'un Etat civil et la consécration d'une culture démocratique qui favorise l'alternance pacifique au pouvoir.

Après l'achèvement de l'élaboration en cours de la nouvelle Constitution, des élections générales sont prévues en mars prochain.

Les congressistes ont à cet égard réitéré leur préférence pour un régime parlementaire, alors que l'opposition milite pour un régime présidentiel remanié qui accorde des prérogatives substantielles au président de la République.

Bannissant le pouvoir personnel et absolu, le mouvement se dit favorable à l'instauration d'une approche consensuelle avec la participation des principales forces politiques du pays.

Il se déclare cependant hostile au retour sur la scène politique "des symboles de l'ancien parti au pouvoir", le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) dissous du président déchu.

Le document insiste sur le renforcement des droits de la femme tunisienne et la préservation de ses acquis pour conforter son statut égalitaire dans la société, en général et dans le domaine du travail et de la vie politique, en particulier.

Ennahdha se fixe comme "priorités" pour l'étape à venir l'emploi, la réforme de l'enseignement pour former des générations enracinées dans leur identité arabo-musulmane, un développement équilibré des régions et la lutte contre la corruption.

Le congrès a approuvé une vision de la société tunisienne de juste milieu sur la base des principes islamiques.

Comme pour contrer la pression du radicalisme religieux, il appelle au renforcement des relations des courants islamiques centristes et recommande de criminaliser les atteintes aux valeurs sacrées.

xbb/abo/AP/ir

PLUS:pc