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Syrie: les combats se concentrent à Damas

17/07/2012 10:47 EDT | Actualisé 16/09/2012 05:12 EDT

BEIRUT - BEYROUTH (Sipa) — Violents combats au coeur de la capitale syrienne. Les forces gouvernementales ont eu recours à des hélicoptères de combat pour affronter les rebelles à Damas, ont affirmé mardi des activistes opposés au régime de Bachar el-Assad.

A Moscou, l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan s'est entretenu avec le président Vladimir Poutine, soulignant que "la crise syrienne était à un tournant".

Au moins quatre quartiers de la capitale connaissaient des violences, signe que le conflit tourne à la guerre civile et se rapproche du centre du pouvoir.

Des chars et des véhicules blindés ont déjà été déployés dans la ville, mais c'est la première fois que des hélicoptères ont tiré à l'arme lourde, lors d'affrontements dans la nuit de lundi à mardi, contre les quartiers de Qadam et Hajar al-Aswad.

D'après l'Observatoire des droits de l'Homme, organisme basé à Londres, et le militant Maath al-Shami à Damas, les combats entre rebelles et forces gouvernementales se sont concentrés dans les quartiers de Kfar Souseh, Nahr Aisha, Midan et Qadam.

"J'entends des tirs, et des explosions en direction de Midan", a témoigné Maath al-Shami à l'AP, par Skype. "De la fumée noire s'élève de la zone".

Sur les images d'une vidéo amateur, deux véhicules blindés lourdement armés avancent, encadrés de soldats sur une route vide vers Midan.

L'agence de presse officielle SANA a rapporté que les soldats continuaient à chercher des "éléments terroristes", qui ont fui Nahr Aisha pour Midan.

Une autre activiste vivant à Damas, Bayan, a indiqué que des soldats avaient tiré des obus sur les quartiers de Qaboun et Jobar, provoquant un incendie près de la Grande mosquée de Jobar. "Les gens essaient d'éteindre le feu avec des tuyaux d'arrosage et des seaux d'eau", a-t-elle souligné également par Skype.

Des violences et des bombardements se sont également produits dans les villes de Rastan et Talbiseh, dans la province d'Homs, fief de la rébellion au régime du président Bachar el-Assad.

Alors que la capitale syrienne connaît sa troisième journée de violences, les efforts diplomatiques se poursuivaient dans plusieurs capitales pour tenter d'infléchir les positions chinoise et russe, à la veille d'un vote au Conseil de sécurité sur une résolution prévoyant de nouvelles sanctions contre Damas. Ce texte permettrait également l'emploi de la force à terme.

Lors de son entretien à Moscou avec le président russe Vladimir Poutine, l'envoyé spécial Kofi Annan a estimé que "la crise syrienne était à un tournant", selon l'agence de presse ITAR-Tass. Ce à quoi Vladimir Poutine a répondu que la Russie ferait tout pour le soutenir.

Parallèlement, à Pékin, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a souligné que "le Conseil de sécurité de l'ONU doit être uni et agir". "Je ferai tout mon possible pour résoudre la crise syrienne", a-t-il ajouté à la veille de sa rencontre avec le président chinois Hu Jintao.

Lors d'une visite en Jordanie, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a assuré que l'application du plan de paix de Kofi Annan était "le meilleur espoir" de mettre un terme au conflit syrien, jugeant nécessaire une résolution dans le cadre du chapitre VII. Et d'exhorter la Chine et la Russie à l'accepter. La situation en Syrie "est tellement grave et imprévisible" qu'il avance qu'"aucune option ne doit être exclue à l'avenir".

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