Les rebelles syriens ont affirmé mardi avoir lancé la "bataille pour la libération" de Damas où de violents combats avaient lieu avec l'entrée en action pour la première fois des hélicoptères de l'armée.

A Moscou où il tente de relancer son plan de paix moribond, le médiateur international Kofi Annan a estimé que la situation en Syrie avait atteint un "point critique", quelques jours après que le Comité international de la Croix-Rouge eut qualifié le conflit armé de "guerre civile".

"La bataille pour la libération de Damas a commencé et les combats ne cesseront qu'avec (la chute) de la capitale. Nous allons vers la victoire", a dit Kassem Saadeddine, porte-parole de l'Armée syrienne libre (ASL) en Syrie contacté via Skype par l'AFP. Ces combats coïncident avec le 12e anniversaire de l'arrivée au pouvoir de Bachar al-Assad, après le décès de son père.

Un responsable militaire à Damas a affirmé à l'AFP que l'armée "contrôlait la situation et pourchassait les terroristes réfugiés dans des appartements et des mosquées" de quartiers de Damas.

Depuis dimanche, les combats dans la capitale, qualifiés par l'opposition de "tournant" dans la révolte lancée il y a 16 mois contre le régime Assad, se déroulent dans plusieurs secteurs. Des hélicoptères sont entrés mardi pour la première fois en action, mitraillant des quartiers hostiles au régime.

Les Frères musulmans, influente composante de l'opposition, ont appelé les "Syriens libres" à saisir ce "moment historique" en soutenant "la bataille décisive" des insurgés à Damas.

Les combats touchent des quartiers périphériques, notamment Midane, proche du centre-ville, théâtre "de combats entre rebelles et troupes régulières", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon une source militaire, l'armée est entrée à Midane et encercle la mosquée Zine al-Abidine. Elle a donné un ultimatum aux habitants de quitter les lieux avant un assaut imminent. Les soldats sont aussi entrés avant l'aube à Tadamoun (sud), où restent encore "quelques poches de résistance".

"Le régime (d'Assad) qui s'effondre devient fou", a assuré un militant posté à Midane et se présentant sous le nom Abou Moussab. "Ils tirent sur tout et viennent de détruire la mosquée Ghazwat Badr", a-t-il ajouté faisant état de nombreux blessés.

Dans le quartier de Qaboun (est), "où se trouvent le gros des rebelles", les "combats font rage", a ajouté la source militaire, en assurant que "33 terroristes ont été tués, 15 blessés et 145 arrêtés", en référence aux rebelles, le régime se refusant à reconnaître le mouvement de contestation.

D'après l'OSDH, Qaboun a été avant l'aube visé par des tirs "depuis des hélicoptères" et trois civils y ont été tués.

Un militant, dénommé Omar, a accusé l'armée d'avoir "bombardé les transformateurs électriques du quartier" mais les autorités ont fait porter la responsabilité sur les "bandes terroristes", terme qu'elles utilisent depuis le début de la révolte en mars 2011 pour désigner les opposants.

Toutes ces informations n'ont pas pu être confirmées par l'AFP, les journalistes n'étant pas en mesure de se rendre sur place.

Les rebelles ont annoncé lundi avoir pris le contrôle de Talbissé, une ville du centre longtemps bombardée par les forces régulières.

L'ASL, composée de déserteurs et de civils armés, a indiqué avoir lancé une opération d'envergure en attaquant "tous les postes de sécurité dans les villes et campagnes pour provoquer des combats violents (avec les forces régulières) et les appeler à se rendre".

Dans ce contexte, un général syrien et de nombreux officiers et soldats syriens ont fait défection et sont passés en Turquie, portant à 18 le nombre de défections de généraux dans ce pays depuis 2011, selon un diplomatique turc.

A Moscou, M. Annan a affirmé que la situation en Syrie avait atteint un "point critique" et que le Conseil de sécurité devait souligner qu'elle était "inacceptable", à l'occasion d'entretiens avec le président Vladimir Poutine. Ce dernier a assuré en retour que la Russie allait "tout faire" pour soutenir ses efforts en vue d'une sortie de crise.

La Russie, principale alliée du régime Assad, bloque toute résolution à l'ONU condamnant la répression. A New York, les négociations sur le renouvellement du mandat des observateurs en Syrie étaient d'ailleurs dans l'impasse, les Occidentaux insistant pour assortir la résolution d'une menace de sanctions et Moscou menaçant d'y opposer dans ce cas son veto.

Il n'y a "pas de raisons" de ne pas parvenir à un consensus sur une résolution, a néanmoins déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Face à l'impasse, des réfugiés syriens en Jordanie ont crié leur colère en présence du ministre des Affaires étrangères britannique William Hague.

"Nous ne voulons pas de nourriture ou d'eau. Nous ne voulons pas d'argent. Nous voulons seulement que vous nous débarrassiez de Bachar", ont crié à l'adresse du ministre des réfugiés du camp situé à Ramtha non loin de la ville syrienne de Deraa (sud).

Avec la détérioration de la situation, le gouvernement irakien a appelé ses ressortissants à quitter la Syrie, mettant en avant les "violences croissantes dont (ils) sont la cible".

bur-sk-ram/tp

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