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17/07/2012 12:47 EDT | Actualisé 16/09/2012 05:12 EDT

Nouvelle crise politique en Israël après le retrait d'un parti de la coalition

JÉRUSALEM - Sipa — Israël s'est retrouvé dans une nouvelle crise politique, mardi, après que le parti centriste Kadima eut décidé de quitter la coalition gouvernementale, laissant le premier ministre Benyamin Nétanyahou en charge d'une coalition opposée à la plupart des initiatives de paix dans la région.

Le parti Kadima a voté en faveur de son retrait de la coalition, deux mois seulement après l'avoir jointe. Cette décision pourrait provoquer le déclenchement d'élections anticipées, un scénario qui paralyserait tous les efforts diplomatiques au Proche-Orient pendant plusieurs mois.

Le chef de Kadima, Shaul Mofaz, avait accepté au mois de mai d'entrer dans le gouvernement pour travailler avec le premier ministre afin de résoudre le problème de l'exemption de service militaire pour les jeunes juifs ultra-orthodoxes. Mais les partis de la coalition ne se sont pas parvenus à réformer les textes existants avant le délai du 1er août imposé par la Cour suprême israélienne.

«Nous avons fait un véritable effort pour élaborer une nouvelle loi qui aurait changé l'équilibre du service militaire», a expliqué M. Mofaz, un ancien chef d'état-major, lors d'une conférence de presse.

Il a affirmé qu'il avait tenté d'élaborer «un nouveau contrat social», mais qu'on lui avait imposé des «lignes rouges» à ne pas franchir. «Nous partons la tête haute afin de diriger la nation dans l'opposition», a-t-il déclaré.

Kadima est le parti qui détient le plus de sièges au Parlement israélien. Il a remporté plus de sièges que le Likoud de Benyamin Nétanyahou aux dernières élections, mais il avait été écarté de la coalition conservatrice mise sur pied par M. Nétanyahou après le scrutin.

L'exemption de service militaire pour les juifs ultra-orthodoxes a provoqué un vaste ressentiment chez les Israéliens laïques, qui doivent tous effectuer un service militaire obligatoire de deux ou trois ans. Les leaders de la communauté ultra-orthodoxe sont tout aussi catégoriques dans leur refus d'un compromis, estimant que les jeunes hommes ultra-orthodoxes servent eux aussi le pays par leurs prières et leurs études religieuses.

Benyamin Nétanyahou a tenté d'élaborer un système dans lequel le service militaire aurait été imposé aux ultra-orthodoxes de façon graduelle. Les exemptions auraient été maintenues pour certains d'entre eux. Mais le parti Kadima et son chef voulaient qu'ils soient incorporés à l'armée plus rapidement.

Dans une lettre adressée à Shaul Mofaz, Benyamin Nétanyhou exprime ses regrets quant à sa décision.

«Je suis désolé que vous ayez décidé d'abandonner l'occasion d'apporter un changement historique. Après 64 ans, nous étions tout près d'un changement significatif dans le fardeau (du service militaire)», écrit le premier ministre. «Je continuerai de travailler afin de trouver la solution responsable que la société israélienne attend.»

On ne sait pas pour l'instant ce qui arrivera après la date limite fixée par la Cour suprême pour trouver un accord.

Le gouvernement Nétanyahou, divisé entre partis religieux et laïques, était sur le point de s'effondrer autour de la question du service militaire quand Kadima a accepté d'entrer dans la coalition au mois de mai. Les divisions vont probablement nuire aux nouvelles tentatives de M. Nétanyahou de réformer le service militaire et bloquer tous les efforts pour faire avancer le processus de paix avec les Palestiniens.

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