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L'Irak appelle ses ressortissants à quitter la Syrie

17/07/2012 09:03 EDT | Actualisé 16/09/2012 05:12 EDT

L'Irak a appelé mardi ses ressortissants à quitter la Syrie et à retourner chez eux, mettant en avant les "violences croissantes" à leur encontre dans ce pays en proie à un conflit armé sanglant.

"Les Irakiens sont des hôtes qui résident de manière temporaire en Syrie. Le gouvernement irakien les exhorte à retourner dans leur pays", a déclaré Ali Dabbagh, porte-parole du gouvernement, dans un communiqué publié à l'issue du conseil des ministres.

Ce dernier "a évoqué les violences croissantes dont les Irakiens vivant en Syrie sont la cible et a appelé toutes les parties à ne pas s'en prendre à eux, car ils sont étrangers au conflit" en cours dans ce pays secoué par une révolte populaire contre le régime qui s'est militarisée face à la répression.

Lundi, les autorités irakiennes avaient annoncé la mort de deux Irakiens, tués dans la grande banlieue de Damas, alors qu'ils portaient sur eux des cartes de membres de l'association des journalistes irakiens.

"Ali Joubour al-Kaabi et Falah Taha ont été tués par balles et à coups de couteaux à Jaramana", selon le chef du poste irakien d'al-Walid, à la frontière avec la Syrie, par lequel les corps des deux hommes ont été rapatriés en Irak.

Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), à fin 2010, environ 1,5 million de réfugiés irakiens, qui avaient fui la violence dans leur pays, vivaient en Syrie. Seuls 150.000 étaient cependant dûment enregistrés.

L'Irak partage 600 km de frontière avec la Syrie et se prononce pour un règlement pacifique de la crise qui a coûté la vie, selon une ONG syrienne, à plus de 17.000 personnes depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire militarisée au fil des mois face à la répression brutale menée par le régime.

Début juillet, le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari a jugé que le président syrien Bachar al-Assad était peu enclin à quitter le pouvoir et soutenu que la violence en Syrie était en partie nourrie par des combattants d'Al-Qaïda venant d'Irak qui traversent la frontière pour mener des attentats.

"Pendant longtemps, nous avons mis en garde le régime syrien quant au passage de (militants) d'Al-Qaïda de la Syrie vers l'Irak, désormais c'est l'inverse", a-t-il ajouté.

En février déjà, le ministre adjoint de l'Intérieur, Adnane al-Assadi, avait affirmé que des jihadistes étaient partis combattre en Syrie et que des armes à destination de l'opposition syrienne étaient acheminées à partir de l'Irak.

En outre, l'ambassadeur syrien à Bagdad, Nawaf Farès, a été le premier diplomate en poste à faire défection. Il a, après sa défection le 11 juillet, critiqué le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki pour sa position "contradictoire" de soutien au régime syrien. "Il sait bien ce que Assad lui a fait, ce qu'il a fait à tous les Irakiens et spécialement aux chiites".

La Syrie avait servi de point d'entrée en Irak à un large nombre de combattants d'Al-Qaïda au plus fort des violences interconfessionnelles entre chiites et sunnites qui ont déchiré ce pays au milieu des années 2000.

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