NOUVELLES

Élections en Libye: la coalition laïque en tête, les islamistes loin derrière

17/07/2012 05:44 EDT | Actualisé 16/09/2012 05:12 EDT

TRIPOLI, Libye - La coalition laïque et libérale est arrivée en tête des élections en Libye, selon les résultats finaux du scrutin annoncés mardi soir par la commission électorale.

Il s'agit d'un rare revers pour les islamistes dans la foulée du Printemps arabe, après leurs succès électoraux en Tunisie et en Égypte, mais ils ont encore une chance de participer à l'exercice du pouvoir en Libye grâce à la structure complexe du Parlement, qui compte de nombreux députés indépendants. Les deux camps tentent désormais de rallier ces députés afin de former une coalition.

Les élections représentent une étape majeure de la transition en Libye, après la fin des 42 ans de règne de Mouammar Kadhafi l'an dernier. Elles marquent aussi la fin du Conseil national de transition (CNT), qui dirigeait la Libye à différents degrés depuis la chute de Kadhafi.

La commission électorale a annoncé que l'Alliance des forces nationales, du premier ministre par intérim Mahmoud Jibril, avait remporté 39 sièges, soit environ la moitié des sièges alloués à des partis. Le parti Justice et Construction, affilié aux Frères musulmans, arrive deuxième avec 17 sièges. D'autres petites formations ont remporté les 24 autres sièges alloués à des partis.

Une seule femme a été élue au Parlement, en tant que candidate indépendante, selon les résultats annoncés tard mardi soir à Tripoli. Les résultats non officiels laissaient croire qu'environ 33 femmes avaient été élues.

Le Parti national islamiste, dirigé par l'ex-jihadiste et ex-commandant rebelle Abdel-Hakim Belhaj, n'a remporté aucun siège.

La balance du pouvoir réside désormais dans les 120 sièges alloués aux candidats indépendants, dont quelques-uns sont associés à certains partis de façon informelle.

L'Assemblée nationale de 200 membres sera chargée de former un nouveau gouvernement afin de remplacer le CNT.

L'un des premiers défis du nouveau gouvernement sera de décider s'il maintiendra la tenue de nouvelles élections pour choisir les 60 membres de la commission qui rédigera la nouvelle Constitution, tel que décidé par le CNT, ou s'il reviendra au plan d'origine et choisira lui-même les membres de la commission.

Les tractations en vue de former une coalition ont commencé bien avant l'annonce des résultats. L'alliance laïque et les islamistes se font la lutte pour rallier les candidats indépendants.

L'alliance de Mahmoud Jibril a battu les partis islamistes par plusieurs dizaines de milliers de votes, principalement dans les deux plus grandes villes du pays, Tripoli et Benghazi.

Les analystes pensent que les Libyens qui voulaient un leader fort pour diriger le pays ont vu en M. Jibril une personnalité facilement identifiable. Il était un haut responsable et un économiste de l'ancien régime avant de se joindre au soulèvement, et il a joué le rôle de premier ministre par intérim pendant près de huit mois. M. Jibril n'était pas candidat au Parlement parce que la loi électorale interdisait aux membres du CNT de se porter candidats.

L'alliance de M. Jibril est composée de dizaines de partis et de regroupements de la société civile. Dans son programme politique, l'alliance affirme que la loi islamique devrait être à la base de la législation, mais ajoute que l'État doit respecter toutes les religions.

Le porte-parole de l'alliance, Hamada Siyala, a laissé entendre que les islamistes ne seraient pas laissés de côté dans le nouveau gouvernement.

«Nous appelons à la formation d'un gouvernement d'unité nationale. L'étape qui suit est d'envergure nationale et appelle à la participation et aux efforts de tous les Libyens», a-t-il déclaré à l'Associated Press.

«Nous considérons les autres participants (aux élections) comme des partenaires, non pas comme des ennemis.»

Environ 62 pour cent des 2,9 millions d'électeurs inscrits ont participé au scrutin du 7 juillet, selon la commission électorale.

PLUS:pc