NOUVELLES

Élection à l'Assemblée des autochtones : la qualité de vie domine les discours

17/07/2012 07:05 EDT | Actualisé 16/09/2012 05:12 EDT

TORONTO - L'un après l'autre, les huit candidats se disputant le poste le plus prestigieux d'une association des Premières Nations ont promis, mardi, de trouver une façon de rehausser la qualité de vie de leur peuple.

Or, la question est de savoir comment y parvenir une fois pour toutes.

Et les réponses à cette question s'avéreront largement déterminantes dans le choix du nouveau chef national de l'Assemblée des Premières Nations, dont le scrutin est prévu pour mercredi. La nouvelle direction influencera les relations entre les autochtones du pays et le gouvernement, les entreprises et le reste du Canada en général, avec pour toile de fond une économie se basant sur l'exploitation des ressources naturelles.

«À l'instar de nos ancêtres, les autochtones font valoir leurs droits un peu partout à travers le pays», a déclaré le chef national sortant, Shawn Atleo, citant au passage les exemples des communautés amérindiennes demandant plus dans le Plan Nord du Québec, le cercle de feu du développement minier de l'Ontario et les projets énergétiques et d'oléoducs de l'Ouest.

«Et je suis résolument à leurs côtés.»

Mais les leaders autochtones qui voteront mercredi veulent savoir quel sort leur sera réservé au lendemain de ces projets, a soutenu le Chef régional de l'Ontario, Stan Beardy.

Si plusieurs chefs de la Colombie-Britannique sont prêts à endosser la candidature de Shawn Atleo, les chefs ontariens cherchent encore des réponses à leurs questions et ce, malgré le fait que les six semaines de campagne tirent déjà à leur fin, a expliqué M. Beardy.

«Nous savons quel est notre problème; mais quelle est la solution? Nous voulons quelqu'un qui fera valoir notre compétence inhérente, de sorte que nous aurons accès à notre juste part», a-t-il soutenu.

Afin d'assurer un meilleur accès des autochtones à la richesse, M. Atleo propose de raviver les droits ancestraux enchâssés dans les traités, et de faire pression auprès du premier ministre Stephen Harper pour qu'il respecte sa promesse de discuter de l'application des traités.

«Les indices d'une volonté de la Couronne de discuter de l'implantation signifie que nous devons travailler de concert, en accord avec l'esprit et l'intention du traité», a-t-il mentionné.

Il s'agissait par ailleurs d'un rappel aux chefs que M. Atleo avait réussi, pendant son premier mandat, à ramener M. Harper à la table des négociations et qu'il avait obtenu une promesse de discuter, à tout le moins, du remplacement de la Loi sur les Indiens par une législation reférant les droits des autochtones au territoire et ses ressources.

D'autres candidats se sont montrés plus mordants dans leur propos.

«Nous ne sommes pas contre le développement. Mais je suis contre un développement qui n'est pas durable, qui détruit la terre et les poissons et pollue les eaux», a lancé la candidate Ellen Gabriel, une Mohawk de Kanehsatake.

«Nous ne voulons plus de ces histoires de mines. Elles nous ont assez contaminés comme ça», a-t-elle poursuivi, citant surtout les mines d'uranium.

Les autres candidats ont tous tenté de se différencier les uns des autres lors d'une série de discours visant à convaincre les chefs, se faisant les défenseurs des autochtones non seulement dans le domaine des ressources naturelles mais aussi dans l'éducation, le bien-être des enfants et la négociation avec Ottawa.

PLUS:pc