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La double greffée des poumons Hélène Campbell rentre chez elle a Ottawa

17/07/2012 01:52 EDT | Actualisé 16/09/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Jour de joie pour Hélène Campbell qui est rentrée chez elle à Ottawa après une double greffe de poumons. Mais la jeune femme de 21 ans a aussitôt indiqué qu'elle va poursuivre son travail pour sensibiliser la population au don d'organe, car tous n'ont pas eu sa chance.

«Donnez comme vous aimeriez recevoir», a lancé Hélène Campbell en point de presse à Ottawa, au lendemain de son retour à la maison.

Ce qu'elle a fait en arrivant chez elle?

«J'ai pris une profonde respiration», a dit la jeune femme, pour décrire l'émotion qui l'a alors envahie. Soulignant du coup un geste fort simple, qui aurait été impensable pour elle il n'y a pas si longtemps.

«J'ai l'impression d'avoir été sauvée d'un bateau qui coulait», a-t-elle ajouté.

Hélène a reçu ses nouveaux poumons le 6 avril dernier dans un hôpital de Toronto, la ville où elle avait déménagé avec sa mère en janvier, laissant le reste de la famille derrière.

Un cadeau, a déclaré sa mère, la voix brisée par l'émotion, «grâce auquel notre famille est réunie ici aujourd'hui».

S'étant fait fort remarquée par son combat, attirant même le soutien de célébrités comme le chanteur Justin Bieber et l'animatrice de la télévision américaine Ellen DeGeneres, Hélène Campbell dit qu'elle va maintenant très bien. Mais elle devra prendre des médicaments toute sa vie pour éviter que son corps ne rejette ses poumons.

Elle se dit énormément reconnaissante. Et chanceuse. Une de ses amies de Québec vient aussi de rentrer à la maison, mais pour y mourir. L'attente a été trop longue et elle s'est affaiblie au point d'enlever toute possibilité de greffe.

C'est pourquoi la jeune femme veut poursuivre ses efforts pour inciter les gens à donner leurs organes, pour raccourcir la liste d'attente des greffes.

Elle prévoit aussi écrire un livre sur son histoire.

«Le travail ne se termine pas ici», a-t-elle affirmé.

Mais elle veut aussi reprendre une vie normale.

«Je veux retourner à l'école et passer autant de temps que possible avec ma famille», a-t-elle fait savoir.

La jeune femme d'Ottawa attendait la greffe depuis juillet, lorsqu'il a été découvert qu'elle souffrait de fibrose pulmonaire idiopathique, une maladie dégénérative, après qu'elle se soit effondrée sur un sentier de marche.

Elle a utilisé les médias sociaux pour faire valoir la cause du don d'organe. Notamment en mettant en ligne des vidéos sur le site de partage Youtube qui ont fait le tour du globe. Elle en a profité pour demandé à des célébrités comme Justin Bieber de faire la promotion du don d'organe. Son compte Twitter a plus de 16 000 abonnés.

La ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, était présente lors du point de presse et en a profité pour annoncer un investissement de 10 millions $ pour un programme national de recherche sur la greffe d'organes.

«Un donneur peut sauver jusqu'à huit vies», a souligné la ministre, qui a loué la jeune femme pour ses efforts, soulignant qu'elle en a inspiré plus d'un par son courage et sa force.

La recherche prévue «vise à augmenter le nombre de donneurs et aussi la qualité des organes donnés», a expliqué le docteur Marc Ouellette, directeur scientifique de l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires aux Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

Car il y a une pénurie de donneurs d'organes, et cela depuis longtemps.

La recherche va donc se pencher sur comment inciter les gens à consentir à l'avance à un don et étudier le rôle que le système de santé peut y jouer. Il s'agira aussi de trouver des méthodes pour que les organes soient conservés le plus longtemps possible pour augmenter les chances de greffe, indique M. Ouellette.

Plus de 4000 Canadiens sont en attente d'une greffe d'organe, selon les chiffres de l'Association canadienne des transplantations. L'an dernier, 1803 greffes ont été effectuées mais 195 Canadiens sont morts avant d'avoir reçu un organe compatible.

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