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La contribution des Autochtones à la guerre de 1812 est soulignée à Toronto

17/07/2012 04:29 EDT | Actualisé 16/09/2012 05:12 EDT

TORONTO - Les leaders des Premières Nations ont profité du bicentenaire de la guerre de 1812 pour rappeler le sang versé par leurs ancêtres durant les combats visant à repousser l'envahisseur américain, et ont réclamé une plus grande reconnaissance des Autochtones en tant que citoyens canadiens.

L'ancien lieutenant-gouverneur de l'Ontario James Bartleman, qui est Ojibwé, a ainsi soutenu lundi devant la foule rassemblée sur le site historique du Fort York, à Toronto, que les guerriers amérindiens avaient sauvé le Canada au cours de la première année de la guerre de 1812, et que sans eux, le pays ferait aujourd'hui partie des États-Unis.

M. Bartleman a rappelé le rôle joué par les tireurs d'élite de sa communauté lors de la bataille de York en avril 1813, durant laquelle 12 navires américains ont jeté l'ancre dans le lac Ontario et déversé sur les rives des hordes de soldats pour prendre le fort défendu par les Britanniques et leurs alliés autochtones.

Il a raconté que les tireurs avaient réussi à tenir la première vague d'Américains en respect, avant d'être submergés, ce qui avait permis aux Britanniques de s'échapper et de reprendre le combat un autre jour.

James Bartleman a ajouté que ces exemples de la contribution des Autochtones au conflit étaient négligés par les livres d'histoire, qui se contentaient d'y faire brièvement allusion.

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Shawn Atleo, a affirmé de son côté que les combattants amérindiens avaient participé à la bataille en tant qu'égaux des militaires britanniques, et non comme leurs inférieurs.

«Aujourd'hui, nous rendons hommage à ces vétérans qui se sont battus non comme des sujets mais bien comme des alliés. Répandant leur sang et, en fait, mourant par milliers sur le champ de bataille. C'est quelque chose dont ce pays doit se souvenir.»

M. Atleo, qui espère être réélu mercredi à la tête de l'APN, a soutenu que cette égalité entre les Premières Nations et le gouvernement canadien devait être retrouvée.

«C'est la seule et unique façon d'avancer. Revenir à cette relation originelle, travailler ensemble pour implanter les traités dans un esprit de respect mutuel, et non de déni et d'anéantissement», a-t-il fait valoir lundi à l'ouverture de la réunion annuelle de l'APN. «Ceux qui sont venus avant nous ont ouvert la voie.»

Cette voie doit mener à des changements dans les conditions de vie des Autochtones et au respect de leurs droits, a ajouté le chef Atleo. «Je demande aux Premières Nations et à tous les Canadiens de faire honneur à l'histoire», a déclaré Shawn Atleo, qui a présenté ce passé commun comme un guide pour les relations futures entre les Autochtones et les autorités canadiennes.

«C'est la seule manière d'assurer un meilleur avenir pour nous tous et les générations à venir», a-t-il conclu.

Élu pour la première fois en 2009, M. Atleo est l'un des huit candidats à l'élection pour le poste de chef national de l'Assemblée, qui se déroulera mercredi. La Mohawke de Kanesatake Ellen Gabriel est la seule Québécoise en lice.

Des adversaires de M. Atleo soutiennent qu'il n'a pas été suffisamment ferme face à Ottawa au sujet des traités et des droits des Premières Nations, dans un contexte où l'exploitation des ressources naturelles au Canada rend d'autant plus important l'accès à certains territoires autochtones.

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