NOUVELLES

JO-2012 - Grande-Bretagne: Jessica Ennis, une "poster girl" sous pression

17/07/2012 06:03 EDT | Actualisé 16/09/2012 05:12 EDT

L'heptathlète Jessica Ennis est la "poster girl" des jeux Olympiques, celle qu'on voit sur toutes les affiches, mais cette célébrité a pour revers la terrible pression qui pèse sur les épaules d'une jeune femme que toute la Grande-Bretagne voit sur la première marche du podium.

"Participer aux Jeux à domicile est une chance unique. Ce ne sont pas seulement les reporters sportifs qui veulent écrire sur vous, mais toutes sortes de journalistes", a récemment déclaré l'athlète au journal de sa ville, le Sheffield Star.

Cette sportive très photogénique est en effet omniprésente, sur les publicités d'une grande marque de produit de beauté, sur les affiches officielles des jeux Olympiques et depuis des années dans les pages d'innombrables publications, où le public britannique a pu tout apprendre de ses goûts et de ses rêves.

Ennis sera même la première impression que de nombreux visiteurs auront de l'Angleterre, avant leur descente de l'avion, sous la forme d'une immense image peinte dans un champ à proximité de l'aéroport de Heathrow.

Il faut dire que "Jess", 26 ans, a tout pour plaire. A mille lieues des frasques des footballeurs, elle présente le profil sans aspérité d'une belle fille idéale. Le futur mari, cadre dans le secteur du bâtiment, est d'ailleurs choisi depuis longtemps: elle l'a rencontré sur les bancs du collège.

Elevée à Sheffield dans une famille pluri-ethnique, son père est jamaïcain et sa mère anglaise, elle a poursuivi ses études à l'université de la ville pour obtenir un diplôme de psychologie, avant de se consacrer entièrement aux sept épreuves de l'heptathlon (100 m haies, hauteur, longueur, 200 m, poids, javelot, 800 m).

Dans ce domaine également, la "success story" n'a connu que peu d'anicroches, la plus douloureuse restant la fracture de fatigue au pied qui l'a privée des jeux Olympiques de Pékin il y a quatre ans.

Championne d'Europe juniors, Ennis a progressé régulièrement, sous la houlette d'un entraîneur immuable, Toni Minichiello, qui la suit depuis ses treize ans, jusqu'à devenir championne du monde en 2009 à Berlin.

Certes, la Britannique a reçu un avertissement l'été dernier aux Mondiaux de Daegu, où elle a perdu son titre au profit de sa grande rivale pour l'or, Tatiana Chernova.

Mais elle a mis les choses au point en mai à la réunion de Götzis en devançant la Russe, avec à la clé un record de Grande-Bretagne qui appartenait depuis douze ans à Denise Lewis, la championne olympique de Sydney.

Excellente sur les haies (12.82) et en longueur (6,51 m), Ennis a encore de la marge puisqu'elle a manqué son concours à la hauteur (1,85 m), son autre discipline forte. Elle en détient le record britannique avec 1,95 m, une prouesse pour une athlète qu'on a longtemps surnommée "le têtard" à cause de sa petite taille (1,63 m).

Nettement dominée, Chernova n'en a pas moins profité pour viser au défaut de la cuirasse. "Si les gens n'ont d'yeux que pour une seule fille, ça va être très difficile pour elle (à Londres). Je ne sais pas ce qui se passe dans sa tête, mais tout le stade voudra qu'elle fasse un résultat. Toute l'attention sera sur elle", a souligné la Russe.

La fameuse pression, le clan Ennis la regarde en face. C'est ainsi que le dernier billet publié par son entraîneur sur le site officiel de l'athlète s'intitule: "Pressure". "C'est cette chose invisible qui consume un athlète au moment où il doit donner le meilleur de lui-même", écrit Minichiello. De sa capacité à la maîtriser dépendra le sort de sa protégée les 3 et 4 août.

fbx/dh/chc

PLUS:afp