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Gaza: l'Eglise dénonce des conversions sous pression, démenti Hamas et ONG

17/07/2012 07:23 EDT | Actualisé 16/09/2012 05:12 EDT

Le gouvernement du Hamas, au pouvoir à Gaza, et une organisation de défense des droits de l'Homme ont démenti mardi les accusations de conversion sous pression à l'islam de cinq chrétiens du territoire palestinien.

L'Eglise orthodoxe de Gaza a accusé lundi sans le nommer un groupe islamiste de "méthodes malhonnêtes" pour persuader cinq chrétiens de Gaza, un jeune homme ainsi qu'un femme de 32 ans et ses trois filles, de se convertir.

Dans un communiqué, le ministre de la Santé du gouvernement du Hamas, Bassem Naïm, a démenti toute conversion sous la pression, qualifiant les accusations de l'Eglise de "fabrications totalement infondées".

"Grâce à des contacts avec des responsables, le jeune chrétien Ramez al-Amach, 24 ans, a rencontré sa famille lors d'un entretien amical au Centre palestinien pour les droits de l'Homme" (PCHR), a affirmé le ministre.

Le directeur juridique du PCHR Iyad Alami a précisé à l'AFP que l'ONG avait "tenu des réunions séparées avec Ramez al-Amach et Heba Abou Daoud (la femme concernée, NDLR) et ses filles au Centre et ils ont confirmé leur volonté d'adhérer à l'islam".

Le père du jeune homme a accepté sa conversion et lui a demandé de revenir vivre avec sa famille, mais la mère l'a rejetée, a-t-il indiqué, soulignant que l'ONG tentait de résoudre ce différend.

Mme Abou Daoud a également assuré aux membres du PCHR qu'elle s'était convertie "de son propre chef", a ajouté M. Alami.

Le bureau de communication de l'Eglise a accusé "un groupe islamiste de tenter de persuader de jeunes chrétiens et chrétiennes de se convertir à l'islam, et de détruire ainsi la présence chrétienne dans la bande de Gaza", dans un communiqué diffusé lundi soir lors d'un sit-in au siège de l'Eglise orthodoxe dans la ville de Gaza.

"Ce mouvement islamiste utilise des méthodes obscures et malhonnêtes, la peur, les pressions, le chantage", selon le texte, qui mentionne "l'utilisation de substances chimiques pour contrôler et terroriser".

L'Eglise cite "le jeune Ramez al-Amach samedi, en plus d'une femme et ses trois filles, enlevées chez elles mercredi dernier", en référence à ses vaines demandes de les ramener dans leur famille.

"Nous avons demandé au Premier ministre (du gouvernement du Hamas) Ismaïl Haniyeh d'arrêter immédiatement ce mouvement islamiste et lui avons fait part de la nécessité de rendre à leur famille la femme et ses filles ainsi que le jeune homme", selon le texte.

Mais lorsque le père de Ramez al-Amach avait demandé l'aide de la police, celle-ci lui avait dit qu'elle ne pouvait pas intervenir, en raison d'une fatwa d'un ouléma, Salem Salama, député du Hamas, appelant à protéger tout chrétien converti à l'islam, a déploré l'Eglise.

La petite communauté chrétienne de la bande de Gaza --quelque 3.000 personnes, en majorité orthodoxes, sur 1,6 million d'habitants-- a été la cible ces dernières années de plusieurs agressions. Ces attaques ont été condamnées par le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis juin 2007, mais rarement élucidées.

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