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Tour de France - Pierrick Fédrigo, le revenant de Pau

16/07/2012 02:13 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

Après deux saisons difficiles marquées par une sérieuse maladie, Pierrick Fédrigo a renoué avec la gloire sur le Tour de France lundi à Pau, sur les lieux-mêmes de sa dernière victoire en 2010.

Homme de la terre, fils d'agriculteurs du Lot-et-Garonne, Fédrigo est un taiseux.

Quand il a contracté la maladie de Lyme qui l'a handicapé durant six mois et écarté du Tour l'an dernier, il ne s'est pas épanché. Il a encaissé et travaillé.

Ce chasseur invétéré, qui a très probablement contracté sa maladie issue du virus de la tique dans les bois et les champs qu'il arpente dès qu'il le peut, a alors délaissé les chemins de terre pour la route.

"Je suis revenu sur le travail, sur l'envie", confie le coureur qui fêtera ses 34 ans en novembre. "Dans le Tour de France, il y a des moments difficiles mais c'est moins dur que ce que j'ai connu l'an dernier".

"Il ne fait pas de bruit mais il pèse, notamment chez les jeunes de notre équipe. Ils le regardent et il a une grosse influence sur eux", souligne le directeur sportif de la FDJ-BigMat, Franck Pineau.

"C'est un garçon calme et réfléchi. C'est notre directeur sportif sur le vélo", explique-t-il. "On parle de lui aujourd'hui (lundi) parce qu'il a gagné mais ce n'est pas parce qu'il a gagné qu'il est meilleur, il est bon tout le temps".

"Il sait pointer ses objectifs, surtout sur le Tour de France. Pierrick, sur un Tour, il faut compter avec lui", ajoute-t-il.

Son palmarès parle pour lui: vainqueur du Tour du Limousin (deux fois) et du Critérium international (2010), champion de France 2005 à Boulogne-sur-Mer, vainqueur des Quatre Jours de Dunkerque cette année-là, d'une étape du Dauphiné Libéré 2009 après l'ascension de l'Izoard... Et, désormais, de quatre étapes sur le Tour après Gap en 2006, Tarbes en 2009 et Pau en 2010 dans l'étape reine après avoir vaincu le Peyresourde, l'Aspin, le Tourmalet et l'Aubisque.

Les terres du Sud-Ouest, où il réside (à Saint-Barthélémy d'Agenais) et où il a signé trois de ses victoires, lui sont chères. C'est là qu'il s'est adonné à sa passion du cyclisme, vers 15 ans, en passant CAP et BEP de mécanique de cycles.

Deux belles victoires en Espoirs, à la Flèche ardennaise et au Tour des régions italiennes, ont été son tremplin vers une carrière de coureur professionnel, au Crédit Agricole de Roger Legeay en 2000.

Mais c'est dans la formation Bouygues Telecom, à partir de 2005, qu'il a explosé au plus haut niveau et conquis ses plus beaux succès. Il l'a quittée fin 2010, sentant son rôle de co-leader de plus en plus écrasé par Thomas Voeckler et alors que la formation était dans le plus grand flou sur sa reprise.

Depuis, il avait eu du mal à rebondir. Le retour sur "sa" terre de Pau lui a redonné le goût du succès.

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