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Syrie/ONU: la Russie bloque les initiatives pour condamner Damas

16/07/2012 04:31 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

La Russie a bloqué un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU dénonçant la tuerie de Treimsa (centre de la Syrie) et continue de s'opposer à un projet de résolution menaçant Damas de sanctions, ont indiqué lundi des diplomates.

Le projet de déclaration affirmait qu'en utilisant artillerie, tanks et hélicoptères à Treimsa, le gouvernement syrien avait renié ses promesses d'appliquer le plan de paix du médiateur Kofi Annan et violé les résolutions de l'ONU et les lois internationales.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, des bombardements et des combats ont fait jeudi plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles.

Mais pour la Russie, ce qui s'est passé à Treimsa "n'est pas clair", a indiqué un diplomate, et a exigé au préalable que le général Robert Mood, chef de la mission de l'ONU en Syrie (Misnus), informe le Conseil des conclusions de l'enquête menée sur place par les observateurs de l'ONU.

L'ambassadeur colombien Nestor Osorio, dont le pays préside le Conseil en juillet, a estimé devant les journalistes que la requête russe "n'était pas convenable" et que dans ces conditions "il n'y aurait pas de déclaration".

Les 15 membres du Conseil, a-t-il ajouté, "doivent se concentrer sur la résolution" que le Conseil doit adopter pour renouveler le mandat de la Misnus avant le 20 juillet, date de son expiration.

Un projet de résolution de renouvellement du mandat de la Misnus présenté par Européens et Américains menace Damas de sanctions économiques s'il ne renonce pas à utiliser ses armes lourdes contre l'opposition, tout en renouvelant pour 45 jours le mandat de la Misnus.

Les Russes ont déposé un projet rival qui prolonge aussi la mission mais ne parle pas de sanctions.

Il n'y a toujours pas d'accord sur la résolution occidentale, a indiqué l'ambassadeur français Gérard Araud mais la France et ses partenaires européens et américains sont "très déterminés" à la soumettre au vote, "si possible mercredi en tout cas cette semaine".

A ce moment-là, a-t-il averti, "chacun prendra ses responsabilités: si la Russie et la Chine veulent opposer leur veto elles opposeront leur veto".

"Après 18 mois de guerre, après 17.000 morts, nul ne peut dire que c'est une résolution extrême", a-t-il plaidé.

Depuis le début de la crise en Syrie en mars 2011, Moscou et Pékin ont déjà bloqué deux résolutions du Conseil faisant allusion à de possibles sanctions contre leur allié syrien.

La Russie a accusé lundi les Occidentaux d'exercer un "chantage" pour la forcer à accepter des sanctions. Selon des diplomates, les Etats-Unis menacent, si des sanctions ne sont pas retenues comme moyen de pression, de ne pas prolonger le mandat de la Misnus.

avz/emp

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