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Syrie/ONU: la Russie bloque un projet de déclaration sur Treimsa

16/07/2012 02:03 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

La Russie bloque depuis vendredi dernier un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant l'utilisation par les forces syriennes d'armes lourdes à Treimsa (centre de la Syrie), ont indiqué lundi des diplomates.

Le projet de déclaration affirme que l'utilisation d'artillerie, de tanks et d'hélicoptères par l'armée syrienne constitue "une violation des obligations et des engagements" de Damas à appliquer le plan de paix de Kofi Annan et à respecter les résolutions de l'ONU et les lois internationales.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, des bombardements et des combats ont fait jeudi plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles dimanche à Treimsa, dans le centre de la Syrie.

L'opposition et une partie de la communauté internationale avaient qualifié de "massacre" cette opération.

Mais pour la Russie, ce qui s'est passé à Treimsa "n'est pas clair", a indiqué un diplomate. Avant de se prononcer sur le projet de déclaration, Moscou exige que le général Robert Mood, chef de la Mission de l'ONU en Syrie (Misnus), rende compte au Conseil des constatations qu'ont pu faire sur place les observateurs de l'ONU.

Les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil se retrouvent lundi après-midi pour en discuter.

Après avoir envoyé des patrouilles à Treimsa samedi et dimanche, la Misnus a indiqué que "plus de 50 maisons ont été brûlées et/ou détruites", qu'elle avait vu des "mares de sang et des restes de cerveaux" humains, mais n'avait pas donné de bilan précis. Selon la mission, "de l'artillerie, des obus de mortiers et des armes légères" ont été utilisées.

La Misnus "est toujours en train d'essayer de vérifier les faits (..) pour déterminer ce qui s'est passé exactement" à Treimsa, a indiqué lundi le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky. "Il est tout à fait clair que quelque chose de terrible s'est produit là et que des armes lourdes ont été utilisées", a-t-il souligné.

Le gouvernement syrien a affirmé qu'il n'y avait pas eu de massacre mais des combats à Treimsa, et que ses forces n'avaient pas eu recours aux hélicoptères ou à l'artillerie lourde. Seule l'armée gouvernementale en possède, les opposants armés ayant un armement plus léger.

Dans une note adressée vendredi au Conseil, M. Annan avait dénoncé l'utilisation à Treimsa "d'artillerie, de chars et d'hélicoptères", estimant qu'il s'agissait d'une violation de son plan de paix officiellement accepté par Damas.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avait estimé que l'impuissance du Conseil à faire pression sur le président Bachar al-Assad revenait à lui donner "un permis de massacrer".

La Russie bloque également depuis plusieurs jours un projet de résolution du Conseil présenté par les Européens et les Américains et qui menace Damas de sanctions s'il ne renonce pas à utiliser ses armes lourdes contre l'opposition.

La Russie a accusé lundi les Occidentaux d'exercer un "chantage" pour la forcer à accepter des sanctions. Selon des diplomates, les Etats-Unis menacent, si des sanctions ne sont pas retenues comme moyen de pression, de ne pas prolonger le mandat de la Misnus, qui expire le 20 juillet.

avz/emp

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