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16/07/2012 10:46 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

Syrie: soldats et insurgés s'affrontent violemment dans les rues de Damas

BEYROUTH - Sipa — Forces gouvernementales et insurgés se sont affrontés lundi à Damas pour la deuxième journée consécutive, alors que Kofi Annan tentait d'infléchir la position de Moscou envers le régime syrien.

Une épaisse fumée noire s'élevait au-dessus de la capitale syrienne où les violences ont entraîné une brève fermeture de l'autoroute reliant l'aéroport international de Damas au sud de la ville, une première selon Mustafa Osso, militant des droits de l'homme basé en Syrie.

En entrevue avec l'Associated Press, M. Osso a expliqué qu'il semblait que les rebelles se battant sous la bannière de l'Armée syrienne libre avaient une nouvelle stratégie consistant à installer les combats dans le centre de la capitale afin de déstabiliser le régime.

D'après l'opposition et le témoignage d'habitants, les affrontements dans les quartiers de Kfar Souseh, Midan et Tadamon, dans le sud-ouest de Damas, sont probablement les plus violents à survenir depuis le début de l'insurrection contre le régime du président Bachar el-Assad en mars 2011.

Une vidéo amateure mise en ligne sur Internet montre plusieurs hommes armés, certains masqués, courir et tirer dans les rues de Tadamon. D'autres combattants postés derrière des sacs de sable ouvrent le feu en direction des positions présumées de l'armée. Dans une autre vidéo, une fusillade nourrie résonne dans le quartier de Kfar Souseh.

L'authencité de ces images n'a pas pu être établie. Ces combats ont fait des victimes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui n'a toutefois pas fourni de bilan.

Les rues des quartiers sud-ouest où semblaient se concentrer les affrontements étaient désertes. «C'est une guerre ici, une guerre», a témoigné une résidante du quartier de Midan. Les tirs se faisaient entendre à travers la ville, y compris dans le centre.

Damas a connu des combats sporadiques au cours des derniers mois et les forces de Bachar el-Assad tiennent encore fermement la capitale. Mais la plupart des banlieues, dont Douma, se sont soulevées contre le régime, entraînant une riposte rapide et violente de l'armée.

Des militants ont ainsi fait état d'attaques des forces gouvernementales lundi à Qatana, dans la banlieue sud-ouest de Damas.

Sur le plan diplomatique, l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, est arrivé ce lundi à Moscou, où il devait rencontrer les dirigeants russes, qui s'opposent à toutes sanctions contre le régime El-Assad.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui s'est entretenu avec M. Annan, a réitéré la position de Moscou. «Bachar el-Assad ne partira pas, non pas parce que nous le défendons, mais simplement parce qu'une partie importante de la population en Syrie est derrière lui», a affirmé M. Lavrov.

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