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16/07/2012 09:31 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

Somalie/corruption: un rapport de l'ONU préconise des sanctions de dirigeants

Un rapport de l'ONU préconise des sanctions contre les dirigeants somaliens corrompus, estimant que jusqu'à 70% des revenus de l'Etat s'envolent dans la nature et que la situation favorise les islamistes shebab.

Le rapport, qui a fuité sur internet, affirme que de hauts responsables gouvernementaux sont impliqués dans des scandales et appelle le Conseil de sécurité à imposer des sanctions "dans le délai le plus court possible".

Le gouvernement de transition somalien (TFG), soutenu à bous de bras par la communauté internationale, arrive à fin de mandat en août. Mais plusieurs de ses membres espèrent rester au pouvoir.

Dans le rapport du groupe de contrôle de l'ONU sur la Somalie et l'Erythrée, le président, Sharif Cheikh Ahmed, et le président du Parlement, Sharif Hassan, ne sont pas directement accusés de corruption, mais leurs noms sont cités dans des scandales.

"Sur 10 dollars reçus par le TFG en 2009-2010, 7 ne finissent jamais dans les caisses de l'Etat," pointe le texte.

En 2011, plus de 12 millions de dollars ont été "absorbés" par les bureaux du président, du Premier ministre et du président du Parlement. En mai 2012, un rapport de la Banque mondiale signalait un trou de 131 millions de dollars dans les revenus du TFG sur 2009-2010.

"Beaucoup de responsables du TFG ne font aucune distinction entre finances publiques et privées, et abordent les règles et institutions financières comme des obstacles à contourner ou ignorer," poursuit le rapport.

Et même si les islamistes shebab, un mouvement récemment intégré à Al-Qaïda que la communauté internationale combat aux côtés des fragiles autorités somaliennes, ont subi une série de défaites militaires ces derniers mois, cette corruption rampante est telle qu'elle peut inverser le cours des choses.

"Le mauvais usage, le détournement et le vol ouvert de ressources publiques sont devenus une façon de gouverner," dit encore le document.

Ne pas s'attaquer à ces problèmes menacerait "la rétablissement de la paix, la sécurité et la stabilité", "entretiendrait une instabilité continue et le conflit, et risquerait de raviver les chances de shebab en difficulté".

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