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Relance des relations franco-algériennes: objectif "atteint" pour Fabius à Alger

16/07/2012 03:44 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé lundi avoir "pleinement atteint" son objectif de relancer le "partenariat" franco-algérien, à l'issue d'une courte visite à Alger, la première d'un membre du nouveau gouvernement français.

"L'objet de ma visite en Algérie, qui est la première d'un membre du nouveau gouvernement français, était de donner un nouvel élan au partenariat entre les deux pays", a déclaré M. Fabius lors d'un point de presse concluant une visite d'un peu moins de 24 heures.

"Cet objectif est pleinement atteint", s'est-il félicité. "J'ai senti qu'il y avait un nouvel état d'esprit dans nos relations et que nous allons pouvoir faire beaucoup de choses en commun", a ajouté M. Fabius, parlant d'un "partenariat de grande dimension" maintenant que le président François Hollande, très apprécié en Algérie, est aux commandes en France.

Les relations franco-algériennes mais aussi les grands problèmes internationaux, dont le Mali et la Syrie, ont été examinés depuis dimanche soir par M. Fabius et son homologue Mourad Medelci, puis lundi avec le président Abdelaziz Bouteflika durant deux heures et demi de discussions et de déjeuner.

Sur le Mali, M. Fabius a réitéré leur convergence de vues. "Nous voulons avoir un gouvernement qui ait une base constitutionnelle incontestée et large" incluant les populations du Nord et du Sud, a-t-il dit, dans un Mali uni.

Pour la France et l'Algérie, et nombre de pays occidentaux et maghrébins, la situation dans le nord du pays sahélien est "préoccupante", en raison des mouvements islamistes actifs "extrêmement dangereux".

Pour M. Fabius, qui était accompagné de l'envoyé spécial sur le Sahel, l'ambassadeur Jean-Félix Paganon, récemment venu à Alger, ces groupes islamistes devront être "traités par les moyens qui conviennent le moment venu".

Paris voit en l'Algérie, puissance régionale, une capacité d'intervention militaire, le cas échéant, pour aider au rétablissement de l'autorité de Bamako dans le nord et neutraliser les islamistes.

Sans rejeter une option militaire, Alger, consulté depuis des semaines par les Africains et les Occidentaux sur le Mali, s'ancre pour l'heure dans la diplomatie.

Sur le Sahara Occidental, Paris soutient la position de l'Onu qui recherche une solution satisfaisante pour les Sahraouis, qui sont soutenus par Alger. Le Maroc occupe depuis 1975 cet ex-colonie espagnole.

Le prédécesseur de Laurent Fabius, Alain Juppé, avait, en mars dernier, qualifié le plan d'autonomie marocain de "seule proposition réaliste".

Paris est prêt à aider Rabat et Alger, qui ont maintenant des relations "apaisées" selon M. Medelci, et est "favorable bien sûr à tout ce qui peut rapprocher" ces deux pays, a indiqué M. Fabius.

Pour la Syrie, le ministre français a exprimé sa crainte d'une confessionalisation de la guerre et souhaité qu'un nouveau régime "souhaitable" dans ce pays en conflit sanglant depuis mars 2011, représente toutes les communautés, y compris les Alaouites du président Bachar al-Assad.

Au plan bilatéral, les projets se concrétisent avec les préparatifs d'un carnet de route en prévision d'une visite d'Etat de François Hollande avant la fin de l'année.

Dans le domaine des archives, M. Fabius a indiqué que "la partie française complètera le comité qui doit s'occuper de ce dossier afin que nous puissions avancer" sur le travail de mémoire, après 132 ans de colonisation française et une guerre de libération sanglante.

Sur le passé "douloureux" des deux pays, les échanges de messages entre les deux chefs d'Etat pour les 50 ans de l'Algérie le 5 juillet et le 14 juillet français ont mis l'accent sur l'avenir.

"Les blessures qui ont résulté (de notre histoire commune) pour les Algériens sont profondes, mais nous voulons, comme vous, nous tourner vers le futur et essayer d'en faire un avenir de paix et de prospérité pour les jeunes de nos pays", écrivait M. Bouteflika à son homologue français vendredi dernier.

Au plan économique, un travail "largement entrepris" par l'équipe de l'ex-président Nicolas Sarkozy sur des projets majeurs "continue dans un excellent état d'esprit", a-t-il affirmé.

Sur la circulation des personnes, des progrès "restent à faire" sur lesquels planchera le ministre de l'Intérieur Emmanuel Valls lors d'une visite "dans les semaines" à venir à Alger.

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