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16/07/2012 12:16 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

Lundi à Damas, pas de taxi pour Midane

Aucun taxi ne voulait lundi se rendre à Midane, un quartier historique de Damas très fréquenté par les Damascènes pour ses sucreries et mets réputés à quelques jours de la période de jeûne de Ramadan: aujourd'hui c'est la guerre.

"Tout est à feu et à sang", affirme un chauffeur de taxi qui se fait appeler Nazih. Il accepte cependant d'emmener la journaliste de l'AFP à Bab Msala, un quartier proche de Midane. "Depuis le matin, il y a des coups de feu, nous n'allons ni à Midane ni à Zahira", explique-t-il.

"L'armée et la sécurité sont déployés en grand nombre. Il ne faut y aller qu'en cas de nécessité absolue", affirme un deuxième chauffeur qui refuse de prendre le risque.

"Entrer dans Midane est périlleux, il y a des bombardements, des tirs", renchérit un autre.

En route, dans le quartier proche de Bab Jabié, les échoppes sont fermées, soit par peur des violences, soit en signe de protestation contre les opérations militaires des forces du régime. La circulation est moins dense que d'habitude dans ces zones populaires du coeur de la capitale.

Des blindés et des transports de troupes ont pris position lundi à Midane, proche du centre de Damas, alors que les combats s'étendaient dans les quartiers périphériques de la capitale, selon une ONG et des militants.

"C'est la première fois qu'il y a des blindés et des transports de troupes à Midane. Avant, les forces de l'ordre étaient dépêchées pour réprimer les manifestations, aujourd'hui, il y a des soldats engagés dans des combats", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"C'est la première fois qu'on voit des blindés équipés de mitrailleuses lourdes à Midane", a rapporté de son côté un militant sur place, "Abou Omar".

Dans les autres quartiers hostiles au régime du président Bachar al-Assad où des combats sans précédent se déroulent depuis dimanche, "le pilonnage s'est intensifié en début d'après-midi", a-t-il ajouté.

"Il n'y a aucun mouvement dans les rues sauf celui des troupes régulières et de l'Armée syrienne libre", a-t-il poursuivi.

En comparaison avec les autres villes rebelles du pays, la capitale, jusqu'à présent ultra-sécurisée, n'a pas connu d'importantes manifestations contre le régime depuis le début il y a 16 mois de la révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression brutale.

Depuis quelques semaines, les bombardements intenses de banlieues rebelles et des détonations résonnent la nuit jusque dans la capitale.

Mais depuis dimanche, Damas est le théâtre de combats d'une rare violence entre rebelles et forces régulières.

Face à ces informations, la télévision syrienne a contre-attaqué en dépêchant un de ses reporters sur place.

"Regardez, il ne se passe rien, s'il y avait des bombardements, je me serais caché!", lance le journaliste en montrant une artère complètement déserte où tous les magasins sont fermés.

Selon des militants, toutes les routes reliant Damas à sa province ont été coupées.

Le quotidien al-Watan, proche du régime, titrait lundi à l'adresse des opposants, "Damas vous ne l'aurez jamais".

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