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16/07/2012 11:53 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

La Syrie depuis l'adoption du plan Annan

La Syrie est en proie depuis le 15 mars 2011 à une révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad qui s'est militarisée au fil des mois face à la répression menée par les troupes régulières.

L'adoption en mars dernier du plan de l'émissaire Kofi Annan n'a pas permis d'arrêter la spirale meurtrière. En 16 mois, les violences ont fait plus de 17.000 morts, en majorité des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

--MARS 2012--

- 21: Le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une déclaration pour soutenir la mission de Kofi Annan, nommé le 23 février émissaire conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe.

Outre un cessez-le-feu, le plan Annan prévoit le retour de l'armée dans les casernes, la libération des détenus, le respect du droit à manifester, l'ouverture d'un dialogue pouvoir/opposition et la libre circulation pour les humanitaires et la presse.

--AVRIL--

- 12: Après accord du régime et de l'opposition, entrée en vigueur officielle du cessez-le feu du plan Annan, largement ignoré depuis.

- 14 et 21: Résolutions du Conseil de sécurité (2042 et 2043) autorisant le déploiement de 300 observateurs de l'ONU pour surveiller la trêve.

--MAI--

- 25: Massacre à Houla, dans la province de Homs (centre): au moins 108 morts, dont des enfants et des femmes. Le Conseil de sécurité condamne les autorités syriennes, dénonçant "des bombardements par les chars et l'artillerie gouvernementale". En juin, un rapport d'une Commission d'enquête de l'ONU affirme que les forces pro-Assad sont responsables de nombreux morts.

--JUIN--

- 6: Au moins 55 morts dont des femmes et des enfants à Al-Koubeir, dans la province de Hama (centre), selon l'OSDH, qui, avec l'opposition, impute ce massacre aux "chabbihas" (miliciens pro-régime). Damas fait état de neuf victimes tuées par des "groupes terroristes", appellation officielle pour désigner rebelles et opposants.

- 14: Amnesty accuse le régime de "crimes contre l'humanité".

- 26: Combats armée/rebelles autour de positions de la Garde républicaine dans la périphérie de Damas. Assad affirme que son pays vit "une véritable situation de guerre" et se dit déterminé à l'emporter.

- 30: A Genève, un Groupe d'action s'accorde sur les principes d'une transition avant de diverger sur son interprétation. Washington estime que l'accord ouvre la voie à l'ère "post-Assad", Moscou et Pékin réaffirment qu'il revient aux Syriens de choisir leur avenir.

--JUILLET--

- 3: Human Rights Watch dénonce un "archipel de la torture", avec des dizaines de milliers de détenus.

- 6: A Paris, une centaine de pays occidentaux et arabes affirment qu'Assad doit "quitter le pouvoir" et demandent à l'ONU une résolution contraignante comportant une menace de sanctions.

- 12 juil: A Treimsa (province de Hama), des bombardements et des combats font plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles, selon l'ODSH. L'opposition et une partie de la communauté internationale qualifient de "massacre" cette opération.

- 15-16: Violents combats entre l'armée et les rebelles près du centre de Damas. Forte de blindés et de transports de troupes, l'armée se déploie dans le quartier de Midane, proche du centre de la capitale. Des accrochages se poursuivent dans plusieurs quartiers périphériques du sud, de l'ouest et de l'est de Damas, hostiles au régime (ONG et militants).

Le CICR estime que la Syrie est désormais en situation de guerre civile.

La Russie accuse les Occidentaux d'exercer un "chantage" pour la forcer à accepter des sanctions à l'ONU contre Damas, à la veille de la rencontre du président Vladimir Poutine avec Kofi Annan.

acm/cco

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