TUNISIE - Un premier signe de vie après de long mois de silence. L'ancien président tunisien Ben Ali serait prêt à renoncer, au profit de son pays, à tous ses avoirs qui pourraient se trouver en Suisse, a affirmé son avocat libanais Me Akram Azoury.

"Je vous prie de prendre note que mon client se désiste en faveur de l'Etat tunisien de tous prétendus avoirs ou ressources économiques qui se trouveraient sur le territoire suisse et revenant à l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali", écrit-il dans un projet de lettre remis à l'ambassadrice suisse au Liban et dont il a adressé une copie à l'AFP.

"Aucune formalité judiciaire et extra-judiciaire"

Dans cette lettre qu'il entend adresser au ministère suisse des Affaires étrangères, Me Azoury ajoute: "Vous êtes par conséquent irrévocablement autorisés à transférer ces prétendus avoirs et ressources à l'Etat tunisien sans qu'il soit nécessaire de suivre aucune formalité judiciaire et extra-judiciaire et sans même en référer à mon client".

Fin juin, une délégation d'experts tunisiens avait rencontré à Berne et à Lausanne des responsables suisses en charge du dossier de la restitution d'avoirs gelés, avait indiqué le gouvernement helvétique.

Pour les autorités suisses, "l'objectif de cette collaboration renforcée est de parvenir aussi rapidement que possible à la restitution des avoirs d'origine illicite détenus par l'entourage de l'ancien régime du président Ben Ali". En octobre dernier, Berne avait indiqué avoir bloqué pour 60 millions de francs suisses (48,7 millions d'euros) d'avoirs tunisiens.

De multiples procès

Malgré sa fuite en Arabie Saoudite en janvier 2011, les procès à son encontre se sont multipliés en Tunisie. Il a été condamné par contumace à plusieurs reprises. Il a notamment été condamné à 35 ans de prisons pour détournements de fonds publics, à 16 ans de prison pour corruption et fraude et à 15 ans et demi de prison pour détention d'armes, de stupéfiants et de pièces archéologiques.

La dernière condamnation en date est la plus lourde de toute. L'ex-président tunisien a en effet écopé de la perpétuité pour complicité d'homicides volontaires‎ dans la sanglante répression à Thala et Kasserine, deux villes du centre du pays emblématiques de la révolution tunisienne.