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Damas en état de guerre, Assad ne partira pas selon Moscou

16/07/2012 06:28 EDT | Actualisé 15/09/2012 05:12 EDT

Damas, la capitale syrienne était lundi le théâtre de combats d'une rare violence pour la seconde journée consécutive entre rebelles et forces régulières sous les ordres de Maher al-Assad, frère du chef de l'Etat.

A Moscou, où l'émissaire international pour la Syrie Kofi Annan est attendu, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a souligné qu'il n'était "pas réaliste" d'espérer que son pays puisse convaincre le président Bachar al-Assad de quitter le pouvoir comme l'affirment les Occidentaux.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a de son côté estimé que les combats en Syrie constituaient désormais une situation de guerre civile et souligné à l'intention de toutes les parties que le "droit international humanitaire doit s'appliquer".

Les troupes du régime ont lancé une offensive sans précédent pour tenter de reprendre le contrôle de quartiers périphériques du sud, de l'ouest et de l'est de la capitale favorables aux opposants. Selon des militants, toutes les routes reliant Damas à sa province ont été coupées.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des combats se sont même étendus lundi pour la première fois au quartier Midane, plus proche du coeur de la capitale, vers lequel des renforts de troupes et des véhicules ont été envoyés le matin.

"Ce sont les premiers combats de ce genre à Damas. Le 15 juillet marque un tournant dans le révolution syrienne", a affirmé lundi à l'AFP un militant de Damas se présentant sous le nom d'Abou Moussab, joint par Skype.

La capitale était jusqu'à présent ultra-sécurisée et contrôlée principalement par la quatrième division du premier corps d'armée dirigée par Maher al-Assad.

"La révolution s'étend et resserre l'étau autour du régime dans des zones où il se sentait à l'abri de la colère du peuple", avait réagi l'opposition dimanche.

Le quotidien al-Watan, proche du régime, titrait lundi à l'adresse des opposants, "Damas vous ne l'aurez jamais".

"Les forces de sécurité aidées par l'armée attaquent depuis 48 heures les groupes terroristes qui tentent de se retrancher dans les quartiers périphériques", affirme le journal.

"Les bombardements au mortier ont repris aux premières heures du matin à Tadamoun", ont indiqué les Comités locaux de coordination (LCC, opposition). Des militants ont évoqué dimanche des "chars entrant dans le quartier Tadamoun et des affrontements".

En outre, selon les LCC, de violents combats entre l'armée et l'Armée syrienne libre (ASL, essentiellement composée de déserteurs) "ont lieu dans les quartiers de Kafar Soussé et Jobar", dans l'ouest et l'est de Damas.

Un habitant de Jaramana, sur la route de l'aéroport international dans le sud de Damas, a affirmé à l'AFP: "Hier soir c'était un véritable champ de bataille, des roquettes et des tirs ont été entendus dans les localités situées sur la route de l'aéroport jusqu'aux premières heures du matin".

Un autre habitant à Tadamoun a indiqué à l'AFP ne pas pouvoir quitter son quartier, à cause des combats.

Selon Abou Moussab toutefois, "beaucoup d'habitants de Tadamoun ont quitté ce quartier populeux, aux rues étroites pour trouver refuge chez des membres de leur famille".

L'ASL, a expliqué ce militant des LCC, "est présente à Tadamoun, mais elle est faiblement armée et composée d'habitants du quartier. Cependant, des groupes se forment dans les quartiers mitoyens pour prêter main forte à l'ASL".

Ailleurs dans le pays, des quartiers rebelles de Homs (centre), encerclés par les forces du régime depuis des semaines, étaient également bombardés, selon l'OSDH.

L'ONG a en outre fait état de l'arrestation du gardien de but Moustapha Chakouche à Lattaquié (nord-ouest), "en raison de son soutien à la révolte".

Quatre rebelles et un civil ont péri à travers la Syrie lundi matin, tandis que les violences ont fait au moins 105 morts dimanche, selon l'OSDH qui s'appuie sur un réseau de militants.

Face aux violences qui ont fait plus de 17.000 morts, en majorité des civils, en 16 mois, le Maroc a déclaré l'ambassadeur de Syrie à Rabat "persona non grata" et l'a prié de "quitter le royaume", selon un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères publié lundi.

A Moscou, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a de son côté estimé qu'il n'était "pas réaliste" d'espérer que la Russie puisse convaincre le président Assad de quitter le pouvoir.

M. Assad "ne partira pas, non pas parce que nous le soutenons, mais simplement parce qu'une part tout à fait significative de la population de la Syrie le soutient".

Il a par ailleurs accusé les Occidentaux d'exercer un "chantage" pour forcer Moscou à accepter des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU contre Damas, faute de quoi ils "refuseraient de prolonger le mandat de la mission d'observateurs".

Cette déclaration est intervenue alors que M. Poutine doit rencontrer M. Annan à Moscou pour un entretien au cours duquel "la Russie soulignera son soutien au plan de paix de Kofi Annan".

"Du côté russe, on part du principe que ce plan est la seule plate-forme viable pour résoudre les problèmes internes de la Syrie," souligne le Kremlin.

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