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Tour de France - Luis Leon Sanchez, le persévérant

15/07/2012 03:30 EDT | Actualisé 14/09/2012 05:12 EDT

Luis Leon Sanchez a vu sa persévérance dans le Tour de France récompensée par sa victoire dans la 14e étape à Foix, sa quatrième dans la Grande Boucle.

L'Espagnol s'était d'abord blessé au poignet droit dès la première étape du Tour. Il avait ensuite multiplié sans succès les échappées ces derniers jours. Mais son opportunisme dans une énième tentative lui a finalement permis de damer le pion à quelques rivaux dont Peter Sagan et Philippe Gilbert.

Il n'est pas le plus réputé des coureurs ibériques, devancé par d'autres coureurs de sa génération comme Alberto Contador, d'un an son aîné.

"Je suis un coureur qui a toujours eu besoin de beaucoup travailler", explique le Murcian qui reconnaît avoir parfois peut-être "manqué d'ambition à certains moments de (sa) carrière".

Sportif complet dans sa jeunesse, Luis Leon Sanchez a longtemps hésité entre le football, la natation et le cyclisme.

Il choisit finalement le cyclisme après que son père, policier, a été victime d'un attentat. Les médecins conseillent le vélo pour sa rééducation et le père décide alors d'en acheter plusieurs pour ses fils.

Dans la fratrie --où les quatre garçons portent le nom Leon en hommage à leur grand-père--, certains choisissent le football (Pedro Leon joue au Real Madrid depuis 2010 et Antonio Leon est joueur de futsal), Luis Leon et Leon Leon optent pour le vélo.

Avec pour idoles le quintuple vainqueur du Tour Miguel Indurain ou Laurent Jalabert, Luis Leon développe un puissant coup de pédale et remporte ses premières courses.

A 20 ans, il est repéré par Manolo Saiz, gourou du cyclisme espagnol, qui lui propose de devenir professionnel. Il se lance et est désigné meilleur néo-pro espagnol dès sa première saison, en 2004. Saiz disparaîtra ensuite, impliqué dans le scandale de dopage de l'affaire Puerto.

Sanchez ira trouver refuge à la Caisse d'Epargne, après avoir surmonté un drame familial qui le marquera à jamais: le 30 octobre 2005, son frère Leon Leon, avec qui il a parcouru des milliers de kilomètres dans les environs de Murcie, est tué à 23 ans dans un accident de la circulation.

Depuis, il lui rend hommage à chacune de ses victoires d'un doigt tendu vers le ciel. Ce geste, il l'a répété à plusieurs reprises: lors de ses victoires d'étape (une en 2007, 2008 et 2009) et victoire finale (2009) sur Paris-Nice, lors de ses trois titres de champion d'Espagne du contre-la-montre (2008, 2010, 2011) et pour ses succès sur le Tour de France (Aurillac 2008, Saint-Girons 2009, Saint-Flour 2011 et Foix 2012).

Et en l'absence des plus célèbres coureurs espagnols (Contador suspendu, abandon de Freire et Samuel Sanchez, Valverde amoindri), c'est lui, le coureur de l'équipe néerlandaise Rabobank, qui redonne à force d'obstination un peu de lumière au cyclisme de son pays.

sva/jm/bvo

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