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Syrie: Obama ne doit pas attendre sa réélection et doit agir tout de suite (opposition syrienne)

15/07/2012 12:01 EDT | Actualisé 14/09/2012 05:12 EDT

Le président américain Barack Obama ne doit pas attendre son éventuelle réélection à la tête du pays en novembre et doit agir tout de suite pour mettre fin au massacre de milliers de personnes en Syrie, a demandé dimanche le chef du principal groupe d'opposition syrienne.

"On voudrait dire au président Obama qu'attendre le jour des élections pour prendre une décision sur la Syrie n'est pas quelque chose d'acceptable pour les Syriens", a lancé sur la chaîne CNN Abdel Basset Sayda, le nouveau chef du Conseil national syrien (CNS).

"On ne comprend pas pourquoi une superpuissance ignore les morts de dizaines de milliers de civils syriens à cause d'une élection présidentielle que le président peut gagner ou perdre", a ajouté le chef de l'opposition syrienne.

Barack Obama, concentré sur la campagne présidentielle américaine en vue des élections le 6 novembre prochain, a demandé au président syrien Bachar al-Assad de démissionner et a procuré un soutien matériel à l'opposition mais son administration a repoussé toute idée d'une intervention militaire directe.

Les efforts de la communauté internationale pour tenter d'isoler le gouvernement syrien ont été jusqu'ici sapés par les réticences de la Chine et de la Russie au Conseil de sécurité des Nations unies.

Interrogé après un nouveau massacre qui a causé la mort de 150 personnes dans la localité de Treimsa, l'un des épisodes les plus sanglants depuis le début du conflit il y a 16 mois, Abdel Basset Sayda a affirmé qu'il était impératif que les dirigeants des grands pays passent à l'action.

"Si cela continue comme ça cela va conduire à l'explosion de tout le Moyen-Orient. Cela mettra en danger la sécurité et la paix de la région et du monde entier. Pour cette raison tout le monde doit agir avant qu'il ne soit trop tard", a déclaré le chef de l'opposition syrienne.

Celui-ci a dit avoir rencontré un émissaire de la Russie pour lui demander d'arrêter son soutien politique et militaire au régime. Cette entrevue n'a toutefois pas fait évoluer les choses.

"Durant ces négociations qui ont duré plus de trois heures la Russie est restée sur sa position", a rapporté Abdel Basset Sayda par le biais d'un traducteur au journaliste de CNN qui l'interrogeait.

"On leur a dit d'arrêter de mettre leur veto aux Conseil de sécurité des Nations unies. On leur a dit que des Syriens se font tuer par des armes russes, des chars, des canons, des lance-roquettes et des hélicoptères. Ils nous ont juste répondu qu'ils avaient cessé leurs approvisionnements en armes", a encore dit le chef du CNS.

"On comprend que la Russie est une super-puissance et qu'elle a aussi ses propres intérêts, mais nous ne pouvons pas accepter que ces intérêts viennent aux dépens du sang de Syriens", a-t-il encore ajouté.

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