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Paradis a ordonné à son ministère de rencontrer des firmes de son comté

15/07/2012 02:12 EDT | Actualisé 14/09/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, Christian Paradis a ordonné à son ministère de rencontrer deux entreprises sises dans sa circonscription, Thermo Pieux et Pultrall.

Le Commissariat aux conflits d'intérêts et à l'éthique a soulevé des doutes au sujet de cette pratique, amenant le ministère à apporter des modifications.

En 2009, alors qu'il était ministre des Travaux publics, M. Paradis a ordonné à des fonctionnaires d'organiser des rencontres avec deux firmes de Thetford Mines pour permettre à celles-ci de promouvoir leurs produits.

Une de ces rencontres s'est déroulée dans la salle de conférence du ministre. Une dizaine de fonctionnaires des Travaux publics et du ministère des Affaires étrangères y ont assisté.

La même année, M. Paradis avait demandé à des fonctionnaires de son ministère de rencontrer l'entreprise de l'ancien député conservateur Rahim Jaffer. En mars dernier, la commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, Mary Dawson, a conclu que M. Paradis avait réservé un traitement de faveur à son ancien collègue, contrevenant du même coup aux règles en la matière.

La commissaire Dawson a réitéré vendredi que bien que les ministres sont des députés et devraient représenter leurs électeurs, il existe des limites à cette pratique.

«Les ministres doivent s'assurer qu'ils n'accordent pas de traitement de faveur à leurs électeurs dans leur rôle de ministre, traitement qui ne serait pas offert à tout autre Canadien, écrit-elle dans un courriel. Les ministres doivent représenter tous les Canadiens dans ce rôle.»

Le ministère des Travaux publics soutient avoir modifié ses directives depuis ce temps. Il dit aussi avoir mieux formé ses fonctionnaires sur l'art de rencontrer des parties tierces.

Des échanges de courriels démontrent que lorsque les fonctionnaires ont reçu la première demande du ministre pour organiser une rencontre avec Pultrall, ils ont suggéré que l'entreprise assiste simplement à un séminaire sur l'art de faire des affaires avec le gouvernement. Le bureau de M. Paradis a toutefois rejeté cette idée, et a demandé que les rencontres soient tenues dans la région d'Ottawa, nommant spécifiquement 10 fonctionnaires dont la présence était souhaitée lors de la réunion d'avril 2009.

La deuxième entreprise sise dans la circonscription de M. Paradis, Thermo Pieux, a réussi à obtenir une rencontre au ministère en septembre 2009. Des courriels laissent entendre que huit fonctionnaires y ont participé, incluant un conseiller politique du bureau de M. Paradis.

Une haute fonctionnaire a révélé à la commissaire à l'éthique que les employés ne sont normalement pas encouragés à assister à des réunions avec des gens d'affaires.

«Elle s'inquiète de la perception de favoritisme qui pourrait résulter de la rencontre ministérielle avec une entreprise spécifique d'une façon qui ne semblerait pas ouverte, juste et transparente», écrit Mme Dawson dans son rapport publié en mars.

Le bureau de M. Paradis a souligné que les rencontres avaient eu lieu il y a trois ans et avaient qu'il en avait été question dans le rapport de la commissaire. «J'ai toujours agi dans le meilleur intérêt des Canadiens, et ce peu importe l'endroit où ils se trouvent ou leur affiliation [politique]», a déclaré M. Paradis dans une déclaration transmise samedi par courriel.

François Nadeau, l'un des participants de Thermo Pieux à la réunion, a déclaré que l'entreprise n'avait pas réussi à décrocher de contrats après la rencontre de septembre 2009. Les Travaux publics avaient déjà octroyé un contrat de 16 464 à la firme six mois plus tôt.

Un an avant cela, M. Paradis avait annoncé un prêt de 100 000 $ pour bâtir la filiale Techno Métal Services.

Le directeur général de Pultrall, Bernard Drouin, n'a pas rappelé La Presse Canadienne.

L'entreprise a reçu une bourse de 104 000 $ du Conseil national de recherches Canada en 2011. Avant cette date, M. Paradis avait annoncé en 2008 un prêt de 300 000 $ à la compagnie.

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