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Mares de sang et maisons brûlées à Treimsa selon les observateurs en Syrie

15/07/2012 05:06 EDT | Actualisé 13/09/2012 05:12 EDT

Les observateurs de l'ONU en Syrie doivent retourner dimanche à Treimsa (centre), théâtre d'une opération meurtrière de l'armée qui a visé selon eux des maisons d'opposants au régime de Bachar al-Assad, pendant que les violences se poursuivent à travers le pays.

Selon les observateurs qui se sont rendus à Treimsa samedi, l'opération que l'opposition et une partie de la communauté internationale qualifient de "massacre", "semblait viser des groupes et des maisons spécifiques, en majorité de déserteurs et de militants".

"Il y avait des mares de sang et des taches de sang dans les pièces de plusieurs maisons, de même que des douilles", a expliqué Sausan Ghosheh, porte-parole de la mission.

"L'équipe de l'ONU a pu voir une école brûlée et des maisons endommagées, avec des traces d'incendie dans cinq d'entre elles", a-t-elle ajouté, soulignant que "de nombreux types d'armes" avaient été utilisés, en particulier "de l'artillerie, des obus de mortiers et des armes légères".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des bombardements et des combats ont fait plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles, jeudi à Treimsa. Certains ont aussi été "exécutés sommairement" ou tué en tentant de fuir, et une trentaine de cadavres ont été brûlés.

Mais pour la mission de l'ONU, le bilan est "toujours incertain".

Le régime, qui a expliqué vendredi avoir mené à Treimsa une opération réussie contre des "terroristes", semble plus que jamais déterminé à écraser les fiefs rebelles.

Dimanche, les forces gouvernementales ont bombardé des fiefs rebelles comme à Deir Ezzor (est) et la région de Homs (centre), faisant au moins neuf morts, en majorité des civils, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins.

En outre, la Commission générale de la révolution syrienne, un réseau de militants sur le terrain a rapporté que des obus avaient fait quatre morts près d'une école d'Alep, dont deux tués par un deuxième obus alors qu'ils secouraient les blessés du premier.

A Rastane, fief rebelle dans la région de Homs, les habitants ont à nouveau lancé un appel au secours en raison d'un bombardement intense engagé depuis dimanche matin.

Samedi soir, un journaliste de l'AFP a entendu un intense bombardement pendant près de six heures à une trentaine de kilomètres à l'ouest d'Alep, la grande ville du nord de la Syrie, mais aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat.

Les détonations ont résonné en rafales toutes les deux à trois minutes à partir de 18H00 (15H00 GMT) samedi et jusqu'à après minuit (21H00), et se sont ensuite espacées à raison d'une chaque quart d'heure environ, a précisé le journaliste.

Samedi, les violences ont à nouveau fait 115 morts, dont 50 civils, selon l'OSDH, ce qui porte à près de 250 le bilan des deux derniers jours, après la journée sanglante de jeudi.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé samedi à Pékin "d'user de son influence" pour faire appliquer le plan de paix du médiateur international Kofi Annan, officiellement accepté par le régime et l'opposition mais resté lettre morte depuis trois mois.

Dans le cadre de sa mission, M. Annan doit se rendre lundi à Moscou, une semaine après une visite à Damas et à Téhéran. Le médiateur est de plus en plus critiqué au sein de l'opposition, qui le qualifie désormais de "valet d'Assad et de l'Iran", alliée de Damas.

A New York, le blocage reste total entre les pays occidentaux et la Russie, principal soutien du régime, les deux parties s'opposant sur deux projets de résolution au Conseil de sécurité, l'un menaçant Damas de sanction et l'autre non.

Selon l'OSDH, plus de 17.000 personnes ont péri depuis le début mi-mars 2011 d'une révolte populaire, qui s'est militarisée au fil des mois face à la répression brutale menée par le régime.

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