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L'UA envisage une force régionale contre les rebelles en RDCongo

15/07/2012 05:40 EDT | Actualisé 14/09/2012 05:12 EDT

L'Union africaine (UA) s'est déclarée dimanche prête à contribuer à une force de paix régionale contre les rebelles dans l'est de la République démocratique du Congo, au premier jour d'un sommet à Addis Abeba dominé par les crises régionales et une élection à un poste-clé de l'organisation.

En ouvrant le sommet, le président en exercice de l'Union, le béninois Thomas Boni Yayi, a exhorté ses membres à l'unité, faisant du scrutin devant élire le président de la Commission de l'UA, un test de la capacité de l'organisation "à unifier" le continent africain.

L'UA "est disposée à contribuer à la constitution d'une force régionale pour mettre un terme définitif aux agissements des groupes armés" dans l'est de la RDC, a de son côté affirmé le président sortant de la Commission, le Gabonais Jean Ping.

Des soldats mutins se revendiquant d'un "Mouvement du 23 mars" (M23) ont retourné leurs armes ces derniers mois contre les forces régulières de RDC, auxquelles ils avaient été intégrés dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa signé le 23 mars 2009, et conquis plusieurs localités de l'est du pays.

Un rapport de l'ONU accuse le Rwanda voisin de soutenir ces rebelles, ce que Kigali dément.

Les chefs des Etats membres de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL), une organisation régionale, ont commencé dimanche après-midi à discuter de cette crise, en marge du sommet qui durera jusque lundi.

Ils devaient notamment étudier une proposition de leurs ministres des Affaires étrangères de "travailler avec l'UA et l'ONU pour la mise en place immédiate d'une force internationale neutre pour éradiquer le M23 (...) et toutes autres forces négatives dans la région des Grands lacs".

Aucune précision n'a été apportée à ce stade sur la coordination entre une telle force et les 17.000 militaires et 2.000 civils de la mission de l'ONU (Monusco) déployée depuis fin 1999, principalement dans l'est instable du pays.

Les présidents congolais Joseph Kabila et rwandais Paul Kagame participaient à cette réunion régionale.

Deux autres présidents dont les Etats entretiennent des relations très tendues, ceux du Soudan du Sud et du Soudan, ont suscité des applaudissements en se serrant chaleureusement la main à l'ouverture du sommet.

Salva Kiir et Omar el-Béchir s'étaient déjà rencontrés samedi soir, pour leur première discussion directe depuis les combats frontaliers ayant amené leurs pays au bord d'une guerre ouverte en mars et avril.

Samedi, une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, consacrée aux principales crises sur le continent, s'était achevée par une mise en garde aux autorités maliennes.

Le CPS les a enjointes d'accélérer le processus de transition politique consécutif au coup d'Etat militaire de mars, pour présenter un front uni face aux rébellions, principalement islamistes, ayant conquis le nord du pays.

"L'unité nationale et l'intégrité territoriale du Mali ne peuvent faire l'objet d'aucune discussion ou négociation", a rappelé le CPS, soulignant la "détermination de l'Afrique de n'épargner aucun effort pour leur préservation".

Le sommet de l'UA doit par ailleurs tenter d'élire dimanche soir un nouveau président de la Commission, en départageant Jean Ping et la ministre sud-africaine de l'Intérieur Nkosazana Dlamini-Zuma, après un premier échec lors du précédent sommet, en janvier.

Le scrutin avait alors tourné au psychodrame: Jean Ping, arrivé en tête, avait échoué à réunir les deux-tiers des suffrages requis, bien que resté seul en lice au quatrième tour du scrutin l'opposant à Mme Dlamini-Zuma, ancienne chef de la diplomatie sud-africaine et ex-épouse du président sud-africain Jacob Zuma.

Malgré les exhortations de M. Boni Yayi, la lutte pour ce poste-clé risquait fort de conduire à une nouvelle impasse, M. Ping et Mme Dlamini-Zuma maintenant fermement leur candidature et étant assurés de recueillir chacun au moins un tiers des suffrages.

"En janvier dernier, nous avons échoué. A ce sommet nous n'avons plus le droit d'échouer", a lancé le chef de l'Etat béninois à la tribune, "tout nouvel échec signifiera la division du continent", a-t-il ajouté, soulignant les dangers pour l'image de l'UA.

De son côté, Mme Dlamini-Zuma a minimisé les risques de division, estimant que "le continent est suffisamment fort pour ne pas être fissuré par une élection entre deux personnes".

ayv-bb/sba

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