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Les débats durent au congrès des islamistes au pouvoir en Tunisie

15/07/2012 07:25 EDT | Actualisé 14/09/2012 05:12 EDT

Les débats se prolongeaient dimanche au congrès du parti au pouvoir en Tunisie, Ennahda, qui n'exclut pas d'étendre la durée de ce rassemblement censé consacrer le caractère "modéré" du mouvement.

Dimanche en fin de matinée, au quatrième jour de débats à huis clos, le millier de délégués réunis au Kram, dans la banlieue nord de Tunis, étaient encore loin d'avoir achevé leur travail, si bien qu'Ennahda pourrait prolonger d'une journée, jusqu'à lundi, ce congrès.

"Il est possible que ça se prolonge jusqu'à demain, les délégués resteront le temps nécessaire pour examiner toutes les motions et les adopter. On restera le temps qu'il faut", a dit à l'AFP le coordinateur général du mouvement, Abdelhamid Jlassi.

"Les délégués sont en train de travailler très vite et après ce travail il y aura une vision claire du parti sur les institutions et ses choix politiques", a-t-il ajouté.

Les délégués devaient à l'origine adopter à huis clos quatre motions sur le fonctionnement interne du parti et sur sa stratégie politique, économique et sociale. Selon M. Jlassi, ils ont décidé d'ajouter trois autres textes traitant notamment de culture et des Tunisiens vivant à l'étranger.

Une conférence de presse est prévue vers 16H00 GMT dimanche sur l'avancement des travaux.

Ennahda, désormais principal partenaire d'une coalition de gouvernement formée avec deux partis de centre-gauche après avoir été violemment réprimé sous le régime déchu de Ben Ali, n'a eu de cesse de marteler un message de consensus et de modération depuis le début jeudi de son premier congrès en Tunisie depuis 1988.

Mais cette ligne implique de concilier les modérés et les tenants d'une ligne plus radicale, qui seraient minoritaires.

Par ailleurs, à l'issue du congrès, le chef historique et co-fondateur du parti, Rached Ghannouchi devrait, sauf surprise, rester aux commandes de ce mouvement qui domine la scène politique tunisienne depuis sa victoire aux élections d'octobre.

Ce dernier, très influent sur la politique du gouvernement bien qu'il n'occupe aucune fonction officielle, souhaite élargir la coalition au pouvoir à d'autres formations politiques.

Il a par ailleurs indiqué vendredi à l'AFP songer à un remaniement gouvernemental après le congrès.

"Nous procédons à l'évaluation de la prestation du gouvernement en place depuis six mois pour en tirer les enseignements qui pourraient induire un changement de ministres ou de portefeuilles, voire l'élargissement de la coalition à d'autres partis", a-t-il.

L'opposition parlementaire appelle à un gouvernement de salut national, alors que l'actuel cabinet est composé pour moitié environ de membres d'Ennahda. Les opposants accusent ce parti de tentations hégémoniques et craignent une islamisation rampante du pays.

Ennahda est aussi accusé d'avoir manqué de fermeté face à la mouvance salafiste responsable de plusieurs coups d'éclat ces derniers mois.

Le Congrès pour la République (CPR) du président Moncef Marzouki et Ettakatol, les deux partis du centre-gauche alliés à Ennahda, jugent pour leur part que le parti islamiste a intégré les principes républicains malgré plusieurs crises et des tensions entre les partenaires au gouvernement.

Ainsi, Ennahda a renoncé à faire inscrire expressément la charia --la loi coranique-- dans la Constitution en cours de rédaction.

Des nombreux points d'achoppement existent néanmoins encore entre les islamistes et leurs alliés et des crises éclatent régulièrement.

Ennahda insiste pour que la loi fondamentale consacre un régime parlementaire pur alors que ses partenaires réclament que le chef de l'Etat conserve des prérogatives importantes.

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