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Le Congo aux urnes pour élire ses députés, le camp du président favori

15/07/2012 07:12 EDT | Actualisé 14/09/2012 05:12 EDT

Les Congolais se sont rendus aux urnes dimanche, sans incident, pour le premier tour des législatives afin de désigner 135 députés de leur Assemblée nationale sur laquelle le camp du président Denis Sassou Nguesso devrait conserver sa mainmise.

Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 07H00 locales (06H00 GMT), doivent fermer à 18H00 pour permettre à environ de 2 millions d'électeurs de désigner 135 députés. Les résultats ne devraient pas être annoncés avant mardi. Un second tour est prévu le 5 août.

Un peu plus de 1.200 candidats, dont 124 femmes, sont en lice pour un mandat de 5 ans.

L'affluence était faible à la mi-journée, mais "on suppose que le peuple n'est pas encore sorti", a déclaré Martine Logbo, une observatrice responsable du Groupe international pour la promotion de la démocratie du système électoral, basé en Côte d'Ivoire.

"Le vote se déroule de manière régulière partout (...) Tout le monde va voter, il n'y a aucune inquiétude", a assuré à l'AFP le président de la Commission nationale électorale (Conel), Henri Bouka.

Dans ce pays riche en pétrole - dont la gestion des revenus est régulièrement critiquée - mais où la moitié des 4 millions d'habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, ce scrutin s'annonce sans réel suspense.

Le puissant Parti congolais du travail (PCT) du chef de l'Etat Denis Sassou-Nguesso, et ses alliés espèrent conserver la majorité absolue à l'Assemblée, où l'opposition ne compte qu'une douzaine d'élus sortants.

"Les instructions que j'avais données pour que les élections se déroulent dans la paix, la transparence, pour qu'elles soient justes, libres et crédibles, sont pour l'essentiel suivies", a jugé M. Sassou-Nguesso qui a voté vers 12H00 près du palais présidentiel.

L'installation des bureaux a souvent pris du temps, comme au lycée Thomas Sankara, dans le nord de Brazzaville, où la première électrice à voté vers 9H30, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les dernières législatives de 2007 ont été marquées par des fraudes et des dysfonctionnements dénoncés par les observateurs de l'Union africaine (UA), qui sont présents pour l'édition 2012 avec une trentaine d'observateurs, tout comme la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC).

Lors de la campagne qui s'est achevée vendredi, l'opposition et des ONG ont dénoncé l'utilisation par la majorité des moyens de l'Etat, notamment des médias publics. La Conel est aussi souvent accusée de manquer d'indépendance.

Dimanche à Kelle (nord-ouest), le candidat indépendant Richard Ossa a affirmé à l'AFP que "tous les bureaux de vote" n'étaient constitués qu'avec "des représentants du candidat du PCT". "Les responsables de la Conel locale ne veulent pas voir nos assesseurs", a-t-il dénoncé.

Un fils et une fille du chef de l'Etat sont candidats du PCT, respectivement à Oyo et Brazzaville: Denis Christel Sassou Nguesso, 38 ans, membre du directoire de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), et Claudia Lembouma Sassou Nguesso, 40 ans, conseiller en communication et aux relations publiques à la présidence.

Le scrutin n'a pas lieu dans trois circonscriptions de Brazzaville touchées par l'explosion d'un dépôt de munitions le 4 mars qui a fait près de 300 morts, et il a été reporté sine die à Vindza (sud), où des jeunes gens ont empêché vendredi le candidat du PCT, le ministre de la Justice Emmanuel Yoka, de faire un meeting.

lmm-epe/aub

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