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Ennahda, le parti islamiste au pouvoir en Tunisie

15/07/2012 07:33 EDT | Actualisé 14/09/2012 05:12 EDT

Ennahda (Renaissance) est une formation islamiste fondée le 6 juin 1981 qui a été longuement réprimée en Tunisie avant de s'imposer, après la révolution et les premières élections libres, comme le principal parti du pays.

Le mouvement Ennahda a été fondé par son chef historique Rached Ghannouchi avec une poignée d'intellectuels inspirés par les Frères musulmans égyptiens. D'abord appelé Mouvement de la tendance islamique, il change de nom en 1989.

Réprimé par le premier président de la Tunisie indépendante Habib Bourguiba, Ennahda est d'abord toléré par son successeur Zine El Abidine Ben Ali puis impitoyablement combattu après les législatives de 1989 où les listes soutenues par la formation islamiste réalisent une percée.

Environ 30.000 militants et sympathisants islamistes sont victimes de cette répression. Des centaines d'entre eux sont lourdement condamnés dans des procès iniques et d'autres contraints à l'exil.

Après la chute de Ben Ali et sa fuite en janvier 2011, M. Ghannouchi revient en Tunisie et est accueilli, après 20 ans d'exil à Londres, en prophète par des milliers de sympathisants.

Ennahda est autorisé dans la foulée, 30 ans après sa fondation, et s'engage à garantir la liberté de croyance et de pensée et à préserver les acquis de la femme tunisienne qui jouit du statut le plus moderne du monde arabe.

Il s'impose comme une force majeure en Tunisie en remportant les élections du 23 octobre 2011 avec quelque 41% des sièges de l'Assemblée nationale constituante (ANC) qui rédige la nouvelle Constitution.

Ses partenaires de gauche, Ettakatol et le Congrès pour la République (CPR), obtiennent quelque 33% des sièges.

Après cette victoire, Ennahda s'accapare les ministères régaliens, principalement de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères.

Traversé par des courants plus au moins modérés, le mouvement a renoncé fin mars à l'inscription de la charia dans la nouvelle Constitution.

Cette décision a mis fin à un débat houleux, dans la rue et à l'ANC, entre les tenants de l'inscription de la loi coranique et ceux y voyant la porte ouverte à une théocratie.

La scène politique est divisée, à l'approche des élections prévues en mars 2013, en deux pôles, Ennahda et ses alliés d'un côté et les partis d'opposition qui veulent unir leurs rangs pour faire face aux islamistes de l'autre.

Le parti doit, selon son chef, adopter dimanche à l'issue d'un congrès de quatre jours une stratégie politique fondée sur un islamisme modéré et républicain.

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