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Les travailleurs migrants se disent menacés par le projet de loi C-38

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MONTRÉAL - Le plus récent projet de loi budgétaire conservateur nuit fortement à la sécurité d'emploi déjà précaire des travailleurs temporaires et migrants, ont estimé des organismes communautaires et des regroupements de travailleurs, dimanche.

Alors que les dispositions sur l'assurance-chômage contenues dans le projet de loi budgétaire C-38 ont déjà suscité l'ire de plusieurs provinces dont l'économie repose en majeure partie sur les travailleurs saisonniers, les migrants embauchés pour venir occuper divers emplois estivaux, dont des postes dans le secteur agricole, disent être laissés pour compte en matière de droits de la personne. Selon eux, cette situation ne pourra qu'empirer avec les changements apportés au secteur des emplois saisonniers par le gouvernement conservateur.

Au dire de Noé Arteaga, figure de proue du Centre des travailleuses et travailleurs immigrants (CTI), les réformes apportées par Ottawa donneront aux entreprises toute la latitude requise pour congédier et faire déporter des travailleurs migrants ayant souvent uniquement besoin de soins hospitaliers, tout en leur refusant l'assurance-emploi et d'autres droits offerts aux citoyens canadiens. Lui-même expulsé pour avoir tenté d'aider un collègue malade, il demande au gouvernement de faire volte-face et de revoir en profondeur non seulement les normes de l'assurance-emploi au pays, mais également les programmes d'échange de travailleurs entre le Canada et divers pays des Amériques, principalement des nations latino-américaines.

«La plupart sont mexicains, guatémaltèques, portoricains... il y en a aussi qui viennent de la Jamaïque ou d'Haïti», a-t-il indiqué.

«Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement dit qu'il existe une pénurie de main-d'oeuvre», a-t-il ajouté, précisant que certains travailleurs migrants pouvaient arriver au pays avec leur famille entière, devenant éventuellement des citoyens canadiens à part entière.

«Si les travailleurs saisonniers sont durement touchés par les dispositions de C-38 sur l'assurance emploi, les migrants, eux, vivent la pire situation, alors qu'ils peuvent être déportés ou expulsés pour des accidents de travail, ou simplement pour insubordination», a pour sa part indiqué son interprète.

Si M. Arteaga n'a pas été en mesure de chiffrer le nombre de travailleurs migrants embauchés chaque été au Québec — principalement pour effectuer les récoltes de fruits et de légumes —, il a toutefois soutenu que bon nombre d'entre eux étaient témoins ou victimes de conditions d'emploi injustes et discriminatoires, mais que la plupart se taisaient pour ne pas risquer de perdre leur poste.

L'ancien travailleur migrant déplore par ailleurs le fait que le capitalisme «profite des migrants» de cette façon; «Nous devons nourrir nos familles, leur acheter des biens... je fais la comparaison : une heure de travail ici, c'est une semaine [de salaire] là-bas. Personne ne va se plaindre de ça, même s'il s'agit des pires conditions de travail.»

Les groupes communautaires ont profité de l'organisation d'une visite à l'oratoire Saint-Joseph pour de nombreux travailleurs migrants afin de faire valoir leurs revendications.

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