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Damas dément avoir recouru aux armes lourdes à Tremseh

15/07/2012 10:44 EDT | Actualisé 14/09/2012 05:12 EDT

DAMASCUS, Syria - La Syrie a démenti dimanche avoir recouru à l'arme lourde lors d'une offensive meurtrière jeudi à Tremseh (centre), qui a suscité des condamnations internationales. Le conflit dans le pays est désormais considéré par le Comité international de la Croix-Rouge comme une guerre civile, une classification permettant selon le CICR de faire valoir le droit international humanitaire dans toute la Syrie.

D'après le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères Djihad Makdissi, les combats de jeudi à Tremseh étaient le résultat d'une "opération militaire" contre des insurgés armés, et non le "massacre" de civils dénoncé par l'opposition. "Les forces gouvernementales n'ont pas employé d'avions, d'hélicoptères, de blindés, ni d'artillerie", a affirmé M. Makdissi. "Tout ce qu'on a dit sur l'usage d'armes lourdes est sans fondement", a-t-il martelé.

Les membres de la Mission de supervision des Nations unies en Syrie (MISNUS) déployés depuis samedi à Tremseh pour enquêter sur les violences font un autre constat. Le général norvégien Robert Mood, patron de la MISNUS, avait déjà indiqué vendredi que des observateurs en poste à quelques kilomètres de Tremseh avaient vu l'armée syrienne employer des armes lourdes, dont des "unités mécanisées" et des hélicoptères de combat.

"Les attaques semblaient viser des habitations précises d'opposants et déserteurs de l'armée", a précisé dans un communiqué une porte-parole de la MISNUS, Sausan Ghosheh. "Nos observateurs de l'ONU ont vu des flaques de sang et des éclaboussures de sang dans certaines des pièces ainsi que des douilles vides. Une large gamme d'armes a été utilisée, y compris des armes lourdes, des mortiers et des armes légères", a-t-elle poursuivi.

"Nous n'avons pas pu encore établir le nombre de victimes, cela reste peu clair", selon la porte-parole. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et les Comités locaux de coordination, au moins 150 personnes ont été tuées. Pour l'heure, ce bilan n'a pu être vérifié de source indépendante en raison des restrictions de déplacement imposées à la presse par le régime de Damas.

Si des dizaines de corps ont déjà été inhumés, d'autres, gravement brûlés, sont difficiles à identifier. Des centaines d'habitants sont portés disparus et le bilan devrait encore s'alourdir, selon l'opposition.

A Genève, le Comité international de la Croix-Rouge a confirmé dimanche qu'il considérait désormais la situation en Syrie comme un "conflit armé non-international", autrement dit une guerre civile. Jusqu'à présent, le CICR estimait que cette définition concernait trois zones de combats en Syrie, Idlib (nord), Homs et Hama (centre).

Mais "les hostilités se sont étendues à d'autres zones du pays" et le "droit international humanitaire s'applique à toutes les zones où ont lieu des hostilités", a noté le porte-parole du CICR, Hicham Hassan.

Les Conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels pourraient donc à ses yeux s'appliquer à la situation en Syrie, où les affrontements entre le régime alaouite et les insurgés ont fait selon l'opposition plus de 17.000 morts depuis le début du soulèvement en mars 2011.

Le droit international humanitaire (DIH), explique le CICR, est un ensemble de règles qui cherchent à limiter les effets des conflits armés. Il protège les personnes qui ne participent pas ou plus aux combats et restreint les moyens et méthodes de guerre. Toute attaque sur des civils (meurtre, torture, viol) ou des prisonniers peut être poursuivie comme un crime de guerre.

Le DIH, également appelé "droit de la guerre" et "droit des conflits armés", ne détermine pas si un Etat a ou non le droit de recourir à la force. Cette question est régie par une partie distincte du droit international, contenue dans la Charte des Nations unies. AP

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