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Tour de France - Wiggins-Froome, un duo sans fausse note ?

14/07/2012 10:45 EDT | Actualisé 13/09/2012 05:12 EDT

Entre le leader de l'équipe Sky Bradley Wiggins et son équipier Chris Froome, la hiérarchie est clairement établie mais l'accélération du deuxième qui a fait céder le maillot jaune dans la montée de La Toussuire jeudi a réveillé de vieux débats dans le petit monde du cyclisme.

Malgré les explications divergentes du maillot jaune après l'arrivée ("on ne s'est pas entendu à cause du bruit dans la radio", "j'avais perdu mon oreillette"...), dans la formation britannique, on assure que tout va bien.

Pourtant, parallèlement, sur le réseau social Twitter, les compagnes des deux coureurs ont affiché la discorde.

L'épouse du maillot jaune, Catherine Wiggins, a salué le travail de Mick Rogers et Richie Porte comme "des exemples d'un véritable effort désintéressé et d'un vrai professionnalisme" mais n'a pas mentionné Froome, pourtant le dernier à avoir épaulé Wiggins.

Cet oubli a suscité une réponse virulente de Michelle Cound, la compagne de Froome: "Typique ! Si vous voulez de la loyauté, prenez un chien Froome (Froome Dog, surnom du coureur, ndlr). Une qualité que j'apprécie. Bien que certains en profitent !"

Cette "guéguerre" a alimenté le débat: Froome est-il parti de sa propre initiative ? A-t-il été bridé par son équipe ? Wiggins a-t-il l'étoffe d'un leader ? Son équipier ne serait-il pas plus fort que lui ?

Ces questions entre la valeur d'un leader et celle d'un de ses équipiers sont récurrentes dans le cyclisme.

Elles rappellent les querelles entre partisans de Greg LeMond et Bernard Hinault en 1985 et 1986, et entre ceux de Jan Ullrich et Bjarne Riis lors de la victoire du Danois en 1996. Mais elles existent également dans d'autres sports, comme la Formule 1.

"Ce qu'a fait Froome, c'est un acte de folie. Quand on emmène un leader, ce n'est pas un bon geste. Ca peut semer la discorde dans l'équipe et donner de l'espoir aux adversaires", souligne le double vainqueur du Tour (1975, 1977) Bernard Thévenet. "Psychologiquement, Sky avait réussi à éteindre les velléités de ses adversaires. Là, ça les a rallumées".

"Wiggins a montré ses limites. Aux autres équipes d'en tirer les enseignements et de faire en sorte de chambouler cette hiérarchie", confirme le directeur sportif de Movistar Yvon Ledanois.

"Mais encore faut-il en avoir les moyens...", sourit-il avant de s'interroger sur la possibilité d'un numéro d'"intox": "J'ai bien vu que Wiggins n'a pas eu trop de difficulté à prendre le rythme et suivre la roue de son équipier."

Il est pourtant déjà arrivé que Froome supplante Wiggins. Lors du Tour d'Espagne, le "Kényan blanc" avait dominé son leader désigné dans un contre-la-montre puis dans la montée finale de l'étape-reine et avait finalement terminé 2e de la Vuelta.

Mais, à moins d'une grosse défaillance, une inversion des rôles semble peu probable sur ce Tour.

"Quand on a deux coureurs capables de gagner le Tour dans son équipe, c'est un luxe. Je pense que chez Sky, le discours est clair. Je serais surpris que les choses ne le soient pas", souligne Yvon Ledanois.

"Pour les gens qui ne savent pas que le cyclisme est en réalité un sport d'équipe, ça peut paraître frustrant que Froome, un gars qui marche bien, doive faire équipier, explique Thévenet. Mais dans une équipe, il y a des rôles. On les accepte au départ et il faut les garder jusqu'à la fin".

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