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Syrie: l'ONU enquête sur la mort de dizaines de personnes à Tremseh

14/07/2012 07:18 EDT | Actualisé 13/09/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Des observateurs de l'ONU se sont rendus samedi à Tremseh, cette localité du centre de la Syrie où les bombardements de l'armée et des exactions de miliciens du régime ont fait selon l'opposition jusqu'à 150 morts cette semaine.

D'après un porte-parole des Nations unies, Ahmad Fawzi, un convoi de 11 véhicules de la mission d'observation est entré samedi à Tremseh. "Nous avons envoyé une importante patrouille intégrée pour chercher à vérifier les faits", a-t-il ajouté.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et les Comités locaux de coordination, au moins 150 personnes ont été tuées jeudi à Tremseh, pilonnée à l'arme lourde. Ces bilans ne peuvent pas être vérifiés de source indépendante en raison des restrictions de déplacement imposées à la presse par le régime de Damas. Le général Robert Mood, chef de la Mission d'observation des Nations unies en Syrie, n'a pas non plus confirmé le nombre des victimes.

Mais un groupe de militaires de l'UNSMIS présents jeudi à environ cinq kilomètres de Tremseh a établi que des armes lourdes, dont des "unités mécanisées" et des hélicoptères, ont été utilisés par l'armée, a déclaré le général Mood vendredi lors d'un point de presse à Damas.

Après les bombardements, selon des militants de l'opposition sur place, l'armée est entrée avec des miliciens du régime, des shahibas, qui ont tiré sur des habitants en pleine rue ou les ont poignardés. Le gouvernement syrien a de son côté affirmé que plusieurs dizaines de membres de "groupes terroristes armés" ont attaqué Tremseh, ouvrant le feu au hasard sur les habitants et faisant une cinquantaine de morts.

L'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, s'est dit "bouleversé et horrifié". Les forces du régime, a-t-il déploré, ont violé "l'engagement du gouvernement de cesser l'utilisation d'armes lourdes dans les centres de population".

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a exprimé son indignation et enjoint au Conseil de sécurité de l'ONU d'agir. "L'histoire jugera ce conseil" si ses membres laissent le président syrien Bachar el-Assad continuer à déchaîner "une violence inqualifiable contre son propre peuple", a ajouté Mme Clinton.

Les discussions piétinent au Conseil de sécurité, où la Russie a réaffirmé son opposition à toute résolution imposant des sanctions au régime de Damas.

Par ailleurs, un attentat-suicide à l'explosif a fait quatre morts samedi à Mouhrada (centre), a annoncé l'agence officielle SANA. D'après SANA et l'OSDH, deux femmes, un enfant ainsi qu'un membre des forces de sécurité ont été tués. Le kamikaze, d'après SANA, transportait dans sa voiture une bombe dissimulée sous des oignons. L'attentat, qui n'a pas été revendiqué, visait selon l'OSDH le siège local de la sécurité militaire. Mouhrada se trouve à 20km au nord-ouest de Hama et non loin de Tremseh.

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