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Syrie: l'attaque à Treimsa visait des maisons de militants et déserteurs (mission ONU)

14/07/2012 04:21 EDT | Actualisé 13/09/2012 05:12 EDT

La mission d'observation de l'ONU en Syrie a indiqué samedi que l'attaque perpétrée jeudi par l'armée à Treimsa, qui a fait 150 morts selon une ONG syrienne, "semblait viser des groupes et des maisons spécifiques, en majorité de déserteurs et de militants".

"Il y avait des mares de sang et des taches de sang dans les pièces de plusieurs maisons, de même que des douilles", a indiqué dans un communiqué Sausan Ghosheh, porte-parole de la mission, après qu'une équipe d'observateurs s'est rendue dans cette localité du centre de la Syrie samedi.

"L'équipe de l'ONU a pu voir une école brûlée et des maisons endommagées, avec des traces d'incendie dans cinq d'entre elles", a-t-elle ajouté.

Elle a souligné que "de nombreux types d'armes avaient été utilisés, notamment de l'artillerie, des mortiers et des armes légères".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 150 personnes, dont des dizaines de rebelles, ont été tuées jeudi dans des bombardements et des combats à Treimsa.

Un grand nombre de victimes ont été "sommairement exécutées" et 17 autres, dont des femmes et des enfants, ont été tuées alors qu'elles tentaient de fuir cette localité sunnite.

La mission de l'ONU a indiqué pour sa part que "le nombre de victimes était toujours incertain".

"L'équipe de l'ONU prévoit de retourner à Treimsa demain (dimanche) pour continuer sa mission d'évaluation", a-t-elle précisé.

Un militant de Hama (centre), Abou Ghazi, a affirmé que le groupe avait rencontré des habitants sur place et "inspecté les endroits pilonnés et les lieux tachés de sang".

Les observateurs sont entrés à Treimsa à bord d'un convoi de 11 véhicules, après s'être assurés qu'un cessez-le-feu était en place.

Une première patrouille de reconnaissance s'était rendue sur les lieux dès vendredi, pour s'assurer que la voie était libre pour les observateurs, avait indiqué plus tôt Mme Ghosheh.

"Nous n'avons pas demandé d'autorisation. Le général (Robert Mood, chef de la mission d'observation) a été clair hier, il a dit que nous étions prêts à aller à Treimsa pour chercher à vérifier les faits s'il y avait un cessez-le-feu", avait-elle indiqué.

Vendredi, la patrouille "a évalué la situation, pour voir si les combats avaient cessé et si nous avions accès à la ville", et samedi, "nous avons envoyé une grande patrouille intégrée, pour chercher à vérifier les faits", avait-elle expliqué.

L'armée syrienne a affirmé avoir mené à Treimsa "une opération de qualité" qui s'est soldée par "la destruction des repaires des groupes terroristes, la mort d'un grand nombre de leurs membres, sans qu'aucune victime civile ne soit à déplorer".

La mission d'observation de l'ONU, arrivée en Syrie en avril pour surveiller une trêve qui n'a jamais été appliquée, a suspendu mi-juin ses opérations en raison de l'intensité des violences, qui menaçaient la sécurité des observateurs, mais n'a pas quitté le pays.

La mission s'est dite samedi "profondément préoccupée par l'escalade de la violence en Syrie et a appelé le gouvernement à cesser de faire usage d'armes lourdes dans les centres urbains et aux parties de déposer leurs armes et de choisir le chemin de la non-violence pour le bien-être du peuple syrien qui a déjà trop souffert".

bur-cco/sbh

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